On est pas venu ici pour souffrir, ok ?

Il parait que la personne qui a prononcé cette phrase à la première personne du singulier (une madame dans « C’est mon choix »… Oui, « C’est mon choix », avec Evelyne Thomas, ça passe encore sur une chaîne obscure située après Gulli… donc inconnue des Mamans) veut la déposer, aussi j’opterai pour la troisième personne du singulier et l’utilisation du pronom personnel « on » car il me semblerait que je ne sois pas la seule dans le cas que je vais évoquer aujourd’hui.

Petit aparté : oui, je sais, ça fait mille ans que je n’ai rien écrit et j’ai d’ailleurs dû virer quelques cyber-toiles d’araignée quand j’ai rouvert WordPress tellement cette page était à l’abandon. Mais ces derniers temps, c’était juste pas possible avec que 24h dans une journée. Et c’est parti pour durer encore un moment, alors ne vous habituez pas trop vite à mon retour !

J’ai posté un message de désespoir samedi soir après que Simon m’ait poussée dans mes tout derniers retranchements et ce post a généré 25 commentaires et 34 « Likes » de votre part, ce qui sur ma page est de loin un record absolu (oui, vas-y, rigole, big blogueuse, mais pour moi ça veut dire beaucoup !). La preuve que la difficulté de gérer les humeurs de nos chères têtes blondes est un sujet de convergence universel entre tous les parents du monde.

Oui, en ce moment, on en c*** grave à la maison. Et pas que d’ailleurs, à en juger par les messages de désespoir que m’envoie la Tatie après que Simon se soit littéralement ASSIS sur Marie-Lucie, deux ans de moins que lui, provoquant chez moi la méga-crise de culpabilité en mode « J’ai un enfant qui prend les autres pour des chaises ». Les humeurs de Simon sont nombreuses, souvent irrationnelles et toutes les méthodes pour les maîtriser dans la douceur inefficaces. La plupart du temps, il ne sait même pas m’expliquer pourquoi il pleure ou pourquoi il ne veut pas faire telle ou telle chose.

Samedi fut une journée particulièrement éprouvante. Entre autres joyeusetés, il a frappé un petit asiatique dans une aire de jeux, le griffant au passage et provoquant un micro-saignement qui a quand même poussé le père à me sortir d’un ton rageur « There is blood, there is blood ». Bon mec, keep cool, j’ai binge-watché la série « Scream » tout le week-end et je peux t’assurer qu’on est loin du bain de sang. Mais bon, quand même, c’était méchant, gratuit et très éloigné de l’éducation non-violente que nous lui donnons.

Bref, j’avais déjà quelques bonnes grosses raisons de m’énerver derrière moi quand Simon a décreté qu’il voulait manger. Pas dans 5 minutes, pas dans 10 minutes, MAINTENANT. Sauf que j’avais fait une quiche et qu’elle était pas encore tout à fait cuite. Grosse crise, hurlements à base de « Z’ai faimmmmmmmmmm !!! » à faire trembler les velux et visage tout rouge pas content plein de larmes qui te disent que tu es la pire mère de l’univers de ne pas encore avoir inventé la quiche qui cuit au micro-ondes.

Je monte le thermostat, pique et repique pour trouver un endroit plus cuit qu’un autre, et fini par capituler et par sortir du four une quiche à moitié cuite ressemblant davantage à une omelette sur lit de pâte brisée. Je lui coupe un morceau, le mets deux minutes dehors le temps que ça refroidisse (re-hurlements liés à la fausse joie de voir le repas enfin prêt), installe Simon et lui colle l’assiette sous le nez.

Petite précision : la quiche est normalement son plat préféré. Je pensais lui faire plaisir. Sauf que non. « C’est pas bonnnnnnnnnnnnnn !!!!!! » hurle-t-il avant même d’avoir goûté. Et il repousse son assiette, laissant au passage tomber la moitié de sa part de quiche-omelette sur le carrelage.

Et là, j’ai craqué. Vraiment craqué. J’ai balancé la manique que je tenais dans un main, le gobelet (vide) que je tenais dans l’autre – pas sur lui, hein – et j’ai fondu en larmes. J’ai hurlé encore plus fort que lui, je lui ai dit des choses que je n’aurai jamais pensé pouvoir sortir un jour de ma bouche…

« Je ne te supporte plus ! »

« Plus jamais, jamais, je ne ferai d’enfant ! »

« Tu es un vrai petit monstre ! »

Je ne suis pas fière. Retranscrire ces mots par écrit me fait du mal. Je ne peux même pas croire que je lui ai dit ça. D’autant que ça n’a rien résolu, il a pleuré et hurlé encore plus fort, et il a fallu que mon meilleur ami, qui passait le week-end à la maison, intervienne, m’éloigne dans une autre pièce et prenne le relais.

Il m’a fallu me passer la tête sous l’eau, penchée dans la baignoire, pour me calmer les nerfs et arrêter de sangloter comme une furie.

Finalement, il a mangé sa quiche avec Tonton Ludo, il m’a dit « Ca va aller Maman » que je suis redescendue et s’est couché après que je me sois excusée auprès de lui de ma réaction excessive et totalement indéfendable. Moi, j’ai continué à binger-watcher « Scream » en me disant que je mériterais bien le même sort que les victimes pour avoir osé me comporter ainsi. Moi l’adulte. Moi la figure d’attachement. Moi sa Maman.

Heureusement, j’ai lu vos messages, et compris qu’il nous arrivait à tous de craquer, de sentir la tâche trop lourde pour nous et d’avoir l’impression qu’on était finalement pas faite pour être mère. Alors merci à vous pour m’avoir aidé, pour m’avoir fait réaliser que je n’étais pas la seule à souffrir parfois de ne pas savoir faire mieux. Et, pour celles d’entre vous en CDI Maman depuis un peu plus longtemps, que tout finira par passer…

3 commentaires sur “On est pas venu ici pour souffrir, ok ?

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  1. Voilà un article génial.
    On a souvent tous cette idée qu’il faut être parfait, qu’il faut être au top pour ces petits bouts, mais il arrive parfois que ça déborde, et après tout, on reste humain. C’est sympa de faire part de manière si « mise à nu » cette expérience, bravo!

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  2. Oh là, mais, si j’osais je dirais qu’il ne faut pas se mettre dans un état pareil! Bon, évidemement, c’est bien plus facile à dire qu’à faire, quand ils nous mettent les nerfs en pelote! ce que je veux dire, ce n’est pas que tu n’aurais pas du avoir cette réaction, c’est surtout de dire que tu ne devrais pas en culpabiliser autant!
    Non, nos enfants ne sont pas toujours des anges, par moment ils sont chieurs et même que des fois ils le font carrément exprès pour nous pousser à bout. Avec succès. pour ma part ce genre de craquage m’arrive régulièrement (pas trop dernièrement, d’ailleurs, comme quoi ça passe, rassures toi!), quand la limite est passée, c’est trop, on peut plus encaisser et on a besoin que ça sorte. A mon sens ce n’est pas négatif pour l’enfant – c’est sur c’est pas ce qu’on préfère de nous-mêmes, on aimerait trouver mieux, plus efficace, plus raisonné pour réagir – mais bon, des fois, on y arrive pas, on n’est pas parfaits, ils en font trop, et ça leur fait aussi du bien de comprendre qu’il faut pas trop pousser le bouchon et que l’on est ni parfaits, ni exploitables indéfiniment. Ne te flagelles pas, il s’en remettra toi aussi, et des fois il vaut mieux un bon gros craquage qui lâche la pression pour tout le monde, que de tout intérioriser et se laisser bouffer de l’intérieur. On passe toutes par là – certaines l’assument mieux que d’autres je crois, c’est tout. C’est humain, et finalement assez sain je crois, de voir, et de montrer, qu’on a des limites!

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