À UNE ÉPOQUE…

Je me considère comme une fille de principes. Je mène ma vie depuis 29 ans (et bientôt 3 ans) en suivant certaines règles morales auxquelles, pour rien au monde, je ne saurai déroger. Par exemple :

  • Ne pas prévenir les copines quand on tombe par hasard sur une rediffusion de Dirty Dancing, c’est péché (ce qui vaut aussi pour la Cité de la Peur, ce que j’ai d’ailleurs fait pas plus tard que ce week-end).
  • Porter de talons avec une mini-jupe ou un short, c’est péché (exception si l’on est invitée à une soirée « cagoles » auquel cas c’est faire un affront l’organisateur que de ne pas le faire).
  • Parler dans le nez de quelqu’un après avoir pris un café et sans chewing-gum, c’est péché.
  • Ne pas prendre d’apéro le vendredi soir, c’est péché. C’est comme dire fuck au week-end, et moi, je suis une fille bien élevée.
  • Couper les spaghetti, si on est pas un enfant de moins de 8 ans, c’est péché.
  • Le Kir royal, c’est péché (le Champagne se suffit à lui-même)
  • Les Crocs, c’est péché de chez péché de chez « vas brûler en enfer, espère de dépeceur de mode ».

Pourtant, si certains de ces, allez, bichons-là nous et appelons-les « préceptes de vie », me suivent à travers les âges, je dois bien admettre que dans ma folle jeunesse, je n’ai pas toujours été aussi droite dans mes bottines à talons portées avec une jupe plus longue que la moitié des cuisses. J’ai même fait des choses graves. Très graves. Des choses qui me poursuivent encore, la nuit, dans mes cauchemars, quand je me réveille trempée de sueur, tremblante et paniquée par ces souvenirs revenus du confins des années 2000 pour me hanter. Aujourd’hui, c’est plus fort que moi, il FAUT que j’expie mes fautes par l’écriture. Il faut que je vous avoue tout.

Je n’ai pas toujours été cette trentenaire spirituelle et pleine de classe que l’on voit sur Instagram (enfin, disons qu’il y a des trentenaires spirituelles et pleines de classe sur Insta… et disons que potentiellement, si je savais faire des photos et que j’avais les moyens de me fringuer aux Galeries Lafayette, ça pourrait être moi). J’ai un passé… Un lourd passé… Peut-être que cela changera tout entre nous. Peut-être qu’horrifiée, vous fuirez cette page pour toujours. Peut-être… Mais je prends le risque. C’est parti. Ne me jugez pas trop sévèrement, j’étais jeune et je ne savais pas ce que je faisais.

À une époque…

A une époque, j’ai porté des corsaires. En jean. Avec des strass sur la poche arrière.

Mea culpa.

A une époque, j’ai trouvé que le Malibu Banane, c’était bon.

Mea Culpa.

A une époque, je connaissais par coeur les paroles de « Façon sex », des Tribal King.

Mea Culpa.

A une époque, je me disais que quand je gagnerai ma vie, je me ferai poser des faux ongles.

Mea Culpa.

A une époque, je trouvais normal de prendre un goûter. A 18h. Au Burger King (pour ma défense, j’habitais en Allemagne à l’époque, ça devait forcément biaiser mon sens gastronomique).

Mea Culpa.

A une époque, je pensais que c’était le comble du cool de rouler vitres ouvertes, la musique à fond.

Mea Culpa.

A une époque, je trouvais sérieusement que Brice de Nice était un bon film.

Mea Culpa.

A une époque, j’ai eu une addiction pour « Le destin de Lisa » qui me faisait parfois louper les cours. Enfin seulement que l’épisode s’arrêtait sur un cliffangher. Donc souvent.

Mea Culpa.

A une autre époque, j’ai eu une addiction pour « Hollywood Girls », le feuilleton d’NRJ12 avec Caroline Receveur avant qu’elle devienne glam.

Mea Culpa.

A une époque, j’étais capable de manger une pizza entière et même une ou deux parts de celle de mon mec de l’époque.

Mea culpa.

A une époque, j’ai cru avoir une réelle ressemblance physique avec Anita dans Hartley Coeurs à vif. Sauf qu’en fait, trop pas.

Mea Culpa.

A une époque, j’ai envisagé le tatouage tribal en bas du haut. Puis j’ai envisagé le fait d’être mise à la porte de chez moi par mon père, et j’ai renoncé.

Mea Culpa.

A une époque, j’ai écrit une lettre à Geri Halliwell pour lui demander de réintégrer les Spice Girls.

Mea… Non, ça en fait, je regrette pas.

A une époque, ça ne me posait pas de problème de faire pipi dans la nature. Et puis un jour, je portais des tongs…

Mea Culpa.

A une époque, je pensais que le mariage, la maternité, la petite vie bien rangée avec un crédit et un break gris métallisé, c’était pour les nuls. Pour les pas-funs, pour ceux qui ressemblaient pas à une actrice australienne brièvement célèbre à la fin des 90’s, pour ceux qui n’auraient pas aidé à la reformation des Spice Girls. Je pensais que j’étais au dessus du lot, que j’avais compris ce que c’était la vie : les sorties en boite jusqu’au bout de la nuit, le salaire claqué en fringues, les heures passées à cramer mon capital jeunesse sur une plage, les cocktails trop sucrés et la malbouffe.

A une époque, je me serais vue aujourd’hui, avec mon verre d’eau citronnée, mon fils à la sieste et mon mari qui bricole avec un crayon derrière l’oreille, je me serais trouvée pathétique.

Mais à cette époque-là, je ne savais pas ce que c’était de rencontrer quelqu’un qui vous aime au point de vous vouloir pour la vie. Je ne savais pas ce que c’était de porter la vie. Je ne savais pas ce que c’était d’être le centre de l’univers de quelqu’un d’autre que de moi-même, d’avoir quelqu’un qui ne vit que par et pour moi. Je ne savais pas ce que c’était de construire un foyer, son foyer. Je ne savais rien, en fait (tu vois, Jon Snow, t’es pas le seul !).

A une époque, je croyais que la vie, cela se vivait à 100 à l’heure, ou bien pas du tout. Aujourd’hui, je sais que la vie, on la savoure, on la délecte, on en prend chaque seconde comme une seconde de gagnée, et qu’elle ne se vit pleinement qu’entourée de ceux qu’on aime.

A une époque, j’étais bien ridicule, en fait, mais je ne le savais pas, toute persuadée que j’étais d’être différente. Dix ans plus tard, j’ai un peu honte d’être qui j’étais, alors.

Aujourd’hui, je suis fière de moi. Je suis une Maman qui essaie, à défaut de réussir toujours, mais qui essaie. Je suis une femme amoureuse, follement, chaque jour et pour, je l’espère, toujours. Je suis une belle-mère qui a su creuser sa place, même si elle reste parfois inconfortable. Je suis une fille qui pense à ses parents, une grande soeur attentionnée, une amie fidèle, une collègue sur qui on peut compter. Je ne suis pas parfaite, mais je sais que dans dix ans, quand je repenserai à qui j’étais, alors, je n’aurai pas honte.

2 commentaires sur “À UNE ÉPOQUE…

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  1. Madeleine, c’est toujours plaisant, réconfortant, drôle et complètement déculpabilisant de te lire ! Je suis fan !
    Et aussi contente de savoir que je n’étais pas la seule à zapper des cours de civilisation ou grammaire allemande pour Le destin de Lisa…bon j’avoue y’avait aussi Un, Dos,
    Tres…

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  2. Très joli, drôle et émouvant, comme toujours! Je préfère ne pas faire la liste de ces trucs honteux que j’ai pu porter, aimer ou faire…autant relativiser en se disant qu’à l’époque c’était aussi le cas de tout le monde! Mais tu as raison, le bonheur d’une vie simple, la valeur de la moindre tranche de vie qui passe, on n’en prend conscience qu’en vieillissant. La maturité, il paraît que ça s’appelle. Mais bon. on est pas obligées d’être matures sur tout, hein? et puis tu sais ce que c’est. On peut tromper mille fois une personne…non. On peut tromper 1000 personnes…non. On peut… ;o)

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