CEUX QUI ÉTAIENT AU LAC DE GARDE (PARTIE 2)

Comme promis, on continue avec le récit de nos vacances au Lac du Garde et on termine aussi, comme ça, j’arrête de vous enquiquiner avec ça (vu que le précédent article n’a pas rencontré un immense succès).

Jour 2 : à vélo autour du Lac de Garde

Depuis un moment, avec Schatzi, on a été pris d’une envie de ressortir les vélos du garage. Du coup, vu que nous n’étions pas véhiculés (pas franchement envie de déplacer le monstre pour quelques heures), louer des vélos pour toute la famille était la solution idéale pour pouvoir quand même visiter le secteur. Nous avons loué 3 vélos dont un avec siège bébé pour 35€ la journée, ce que je trouve assez honnête. Hugo était fou car a priori, son VTT était un super modèle (je dis a priori car je n’y connais strictement rien). Simon bien installé derrière Papa, le casque sur la tête, nous sommes partis direction Bardolino, le village voisin du notre, et haut-lieu viticole (donc must-see absolu pour Schatzi). On avait un temps magnifique, on pouvait pédaler le long des rives du lac, bref, c’était vraiment le jour idéal pour se lancer dans cette expédition petite-reinesque. Après Bardolino, direction Garda, une autre jolie petite station portuaire. Nous voulions continuer le long du lac, mais avons constaté au bout de quelques kilomètres que c’était impossible, le chemin étant bien trop étroit pour nous et nos vélos. Nous avons profité de ce petit contre-temps pour sortir le pique-nique du sac et nous poser au bord de l’eau le temps du déjeuner. Simon (qui avait dormi en mode loque avachi dans son siège bébé jusqu’alors) a pu se livrer à son activité favorite, jeter des cailloux dans l’eau (« j’ador’ Maman ! ») et converser avec son nouveau bro for life, j’ai nommé Donald, le canard crevard de miettes de sandwich. Les adieux furent déchirants, et pourtant, j’en ai vu des séparations dans la douleur (souviens-toi Zizou passant à côté de la coupe en rentrant aux vestiaires, en 2006).

Après la pause déj, nous sommes remontés sur nos vélos avec cette fois pas d’autre choix que celui de nous frotter les mollets aux flancs de la montagne attenante au lac. La montée était dure, mais le spectacle derrière valait la peine : une vue à couper le souffle sur le lac, puis une jolie descente vers Torri, petite localité dont la principale curiosité est son château du… bon, on s’en fout de quel siècle, en fait. Disons qu’il est vieux. Genre moyen-âge. On s’est un peu promené dans les ruelles ombragées mais vu que Simon piquait à nouveau sévère du nez, on a décidé de rebrousser chemin. Hugo étant moyennement motivé à l’idée de se retaper la montée en sens inverse, on l’a soudoyé à la promesse d’une glace une fois de retour à Lazise, ce qui a fonctionné. C’est sur le chemin du retour que votre humble serviteur (moi, quoi) a subi l’humiliation suprême de tout cycliste, à savoir gober une mouche tout rond. La mouche, c’est beurk. Je vous déconseille.

Une glace plus tard, nous sommes allés rendre les vélos avec un petit pincement au coeur, car cette journée est vraiment celle que nous avons préférée de toutes (sauf Simon qui a préféré, selon ses propres termes, « jeter des cailloux dans l’eau », c’est à dire grosso modo 90% du séjour). J’ai cuisiné un risotto au parmesan et courgettes à se taper la tête contre les murs du camping-car (j’aime pas me vanter, mais vraiment, il dépotait, et je dis pas ça parce que j’avais encore le goût de la mouche en bouche). Ensuite, on a eu droit à, oh joie, une partie de Monopoly (Strasbourg, tant qu’à être chauvins) et après que j’ai ruiné tout le monde en achetant l’aéroport de Entzheim et la station Homme de fer, extinction des feux !

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Jour 3 : oh, mon bateau !  

On commençait à avoir envie de découvrir ce qui se cachait de l’autre côté du lac, sur ces rives que l’on voyait au loin. Des amis nous ayant conseillé de visiter Sirmione, j’avais profité de mon jogging matinal pour aller regarder les horaires des bateaux qui relient les différentes stations côtières entre elles. Comme aucune liaison directe ne collait avec notre planning, on a décidé de faire le crochet par Pescheira, vantée par le guide comme une petite localité assez courue par les touristes de par sa situation centrale sur la face « littoral » du lac (vu que le lac de Garde, c’est deux salles, deux ambiances avec un côté – le nôtre – très « playa » et un autre montagnard). Après 30 minutes de bateau, nous voici donc arrivés à Pescheira, où nous sommes censés passer deux heures avant la navette pour Sirmione. Sauf que… Ben sauf qu’en réalité, il n’y a pas grand chose à y faire et un quart d’heure après notre arrivée, on avait déjà fait le tour du centre ville. Alors meubler deux heures… Un peu dépités, on a décidé de regarder à tout hasard les horaires de bus, en dépit de nos mésaventures de l’avant-veille. A priori, un bus reliant Sirmione était censé passer dans 10 minutes et pas mal de gens semblaient attendre, donc on a tenté le coup et MIRACLE, le bus est passé, avec SEULEMENT 5 minutes de retard ! Simon endormi dans mes bras, on est donc partis par la route vers la belle Sirmione. Une fois arrivés sur place, le bus nous a déposé à un autre arrêt de bus, où nous devions prendre une autre navette payante (1€ par personne!) pour aller au centre de la vile. Ça puait un peu l’arnaque touristique pour moi, mais les 3km à faire à pied ont eu raison de ma réticence. 4€ et un trajet de 10 minutes plus tard, on est arrivés au centre. Effectivement, l’endroit était splendide, bordé d’une forteresse en vieilles pierres et d’une végétation luxuriante, le tout avec une vue à couper le souffle sur le lac.

On s’est posés sur la plage pour le déjeuner et j’ai dû faire pipi dans les toilettes publiques les plus « oh mon dieu, c’est pas possible, je vais tourner de l’oeil » de ma pauvre vie. Je fais une aparté mais sérieusement, QUI sont les gens qui font des choses comme on voit dans les toilettes publiques (pas besoin de détails, vous voyez de quoi je parle)? Font-ils ça chez eux ? Pourquoi on les éradique pas de la surface de la terre ? 

Ensuite, nous avons longé la presqu’île, à la queue-leu-leu derrière un bon quart de la population terrestre, je dirais. C’est le problème avec ce qui est vraiment beau : tout le monde veut le voir. On est passé à côté d’un hôtel treize étoiles dont j’étais persuadée d’avoir lu qu’il appartenait à Georges Clooney, au point de textoter ma mère pour qu’elle vérifie (et en fait, non). Nous avons ensuite regagné le centre ville, mais avec la poussette, c’était franchement impossible de profiter de quoi que ce soit, on était trop occupés à éviter de rouler sur les pieds des gens ou que quelqu’un ne renverse par inadvertance sa glace vanille-fraise sur la tête de Simon. Encore une fois : splendide, mais trop, trop, trop plein de touristes, d’odeurs de bouffe, de boutiques vendant des souvenirs moches et de racoleurs tentant de te refourguer leur pizza surgelée à 11,50€, Spritz compris. Sirmione est magnifique, mais n’a pas su faire battre notre coeur autant que la balade de la veille. Nous sommes remontés sur un bateau bondé, et 3/4h de traversée plus tard, nous étions de nouveau de notre côté du lac. 

Partis à l’origine pour faire une sieste, le soleil radieux nous a finalement poussé à aller nous installer au bord du lac, les pieds dans l’eau, pour profiter encore un peu de cette météo de rêve avant de retrouver la pluie et la grisaille le lendemain. Nous sommes restés une bonne heure et demie à chiller face à l’eau turquoise, bercés par le clapotis des cailloux que les garçons jetaient à l’eau. Le bonheur, tout simplement. 

Après une dernière razzia en burrata, mozzarella, grana padano et pâtes aux formes exotiques (le tout chez Lidl, un vrai bon plan tant par le choix que par la qualité des produits), nous avons commencé à préparer le camping-car pour le retour à la réalité, le lendemain. Nous avions prévu de partir dès 7h, histoire d’éviter le calvaire de l’année (ce qui, malheureusement, n’a pas fonctionné). Hugo a sympathisé (un peu tard, malheureusement) avec le petit allemand du camping-car d’à côté, et nous avons bu notre dernier apéro italien, avant d’aller manger dans un restaurant que je ne recommanderais pas à mon pire ennemi (ils ont raté mes lasagnes. Des Italiens. Qui ratent des lasagnes. C’est comme si De Vinci ratait un bonhomme-bâton). C’est l’un des problèmes du lac de Garde : il y a tellement, tellement d’Allemands que les locaux s’adaptent : ça donne des pizzas à la saucisse, des bretzels entre les focaccia et des Weissbier à toutes les terrasses. Dommage, quand on a une culture gastronomique et viticole est tellement riche…

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Le retour à la maison s’est fait sous la pluie, dans le froid et avec deux heures de bouchons au Gotthard. L’aller, sans l’excitation des vacances. Mais ces vacances à quatre, les premières en fait (nous sommes partis en 2015 avec toute ma famille et pas depuis), ont été dépaysantes, épanouissantes, reposantes et surtout soudantes pour notre famille recomposée souvent mise à mal. Une bouffée d’oxygène avant d’attaquer une nouvelle grosse période au boulot pour moi…

Le camping-car, même si c’est mon métier, je n’étais pas sûre que ce soit pour moi. Je suis désormais convaincue que c’est une façon idéale de passer des vacances ensemble, de se rapprocher, et d’apprendre à mieux cohabiter les uns avec les autres. 

Si l’aventure vous tente un jour, voici quelques petites choses à savoir :

– La plupart des camping-cars disposent de 4 places carte grise (= 4 ceintures de sécurité). Les loueurs ont cependant souvent dans leur flotte des modèles avec 5 ou 6 places. Ceux-ci sont par contre généralement plus imposants en terme de gabarit, ce qui peut effrayer de prime abord, mais ne doit pas être un frein. C’est plus ou moins comme conduire une camionnette. Les modèles récents disposent souvent d’un radar ou d’une caméra de recul qui aide à la manoeuvre. Attention simplement au PTAC, car pour conduire un camping-car de plus de 3,5t, le permis poids lourd est obligatoire.

– Les modèles à lit de pavillon (= lit escamotable sous le plafond) sont idéaux pour des vacances en famille, car les petits adorent généralement l’impression de « cabane » qu’ils offrent. Des filets de sécurité empêchent les chutes, mais pour des enfants de moins de 3 ans, je préconise qu’un adulte ou un adolescent responsable dorme avec. 

– Le camping-car nécessite un minimum de « formation » sur la vidange, les branchements électriques, le remplissage des réservoirs etc. Si vous passez par un loueur, tout vous sera expliqué. Dans le cadre d’une location entre particuliers, demandez à tout bien vous faire montrer par le propriétaire du véhicule, cela évitera les mauvaises surprises.

– Souvent considérée comme une hérésie par les puristes, le choix d’aller sur un camping est à mon sens le plus judicieux lorsque l’on part avec des enfants. Les aires de stationnement sont bruyantes, parfois situées à proximité d’une route donc moins « sécurisantes » pour les parents, et les mieux placées sont souvent surpeuplées (vive la promiscuité). De plus, même si les salles d’eau des camping-cars actuels sont très bien conçues, il faut être honnête, elles restent petites et pas optimales pour gérer les douches des enfants (y tenir à deux relève des fois du défi!).

– Planifiez bien votre itinéraire, car certaines municipalités sont plutôt contre les camping-caristes et essaient de leur compliquer la vie avec des barrières trop basses, des agents municipaux trop zélés (je pense à Nice, par exemple). A l’inverse, d’autres villes font tout pour faciliter l’accueil à ceux qui, somme toute, font fonctionner à plein l’économie locale. Les revues spécialisées (Camping-car Magazine, Le Monde du Camping-car..) et leurs sites offrent des informations très complètes sur les endroits à éviter et ceux à privilégier.

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de visiter la région du Lac de Garde, et peut-être aussi celle de tester un jour les vacances en camping-car. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter !

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