CEUX QUI ÉTAIENT AU LAC DE GARDE (PARTIE 1)

Depuis maintenant sept ans que je travaille dans le domaine (merveilleux, cela va sans dire, cher employeur qui potentiellement pourrait me lire) du camping-car, jamais encore je n’avais eu l’envie ou l’occasion de tester le produit pour lequel je sue sang et eau toute l’année (assise devant un PC, certes, mais je vous assure que c’est quand même stressant !). Maintenant que nous sommes une famille de 4 personnes, les vacances en club ou en location peuvent vite revenir chères, d’où notre idée d’honorer enfin nos avantages collaborateurs et de louer pour une semaine un modèle de notre nouvelle gamme phare. Outre les économies substantielles que cela pouvait représenter, l’idée de partir à l’aventure dans une maison sur roues enchantaient les enfants, ce qui fait que nous nous sommes décidés à poser une semaine en avril pour partir directement le Lac de Garde, en Italie, à une centaine de kilomètres de Milan. 

Étonnamment, ce lac, qui est le plus grand d’Italie, est assez peu courtisé par les touristes français. A l’inverse, c’est un lieu de villégiature hyper couru de nos amis germaniques, au point d’ailleurs que l’allemand semble être la langue officielle du secteur. Mais si le dépaysement linguistique n’était pas forcément là pour nous, le reste par contre nous a transporté à des années lumière de notre pauvre Alsace humide, de notre actualité morose et de notre quotidien. De l’eau, bien sûr, à perte de vue. Des montages, en fond, verdoyantes et couronnées parfois de neiges éternelles immaculées. Des ruelles pavées, des trattoria à n’en plus compter, et surtout, surtout, du soleil. Pendant les trois jours que nous avons passés là bas, le thermomètre n’a fait que grimper pour passer de 15/16 le mercredi à 23/24 le vendredi. C’était le critère de base dans notre décision de destination, et nous étions d’ailleurs prêts à changer nos plans en dernière minute si la météo n’avait pas joué le jeu (l’avantage du camping-car, sans vouloir faire ma commerciale de base !). 
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Je vais essayer de vous raconter le plus en détails possible nos journées sur place, avec des détails pratiques dans le cas où vous voudriez un jour visiter ce coin magnifique de la Bella Italia (et vous devriez. Et c’est quelqu’un qui ne s’est toujours pas remise de la finale de 2006 qui vous dit ça). Je finirai par un petit point sur le camping-car en général (en vulgarisant au maximum) pour vous donner envie de tester vous aussi ce mode de vacances (si ça vous branche, je connais une bonne Marque #jetouchepasdecommission). 
Jour 1 – la (longue) route et l’arrivée sur place
Nous sommes partis le mardi qui suivait Pâques, encore passablement comateux de l’abus de chocolat et de gigot d’agneau de la veille. Schatzi est parti de bonne heure récupérer notre nouveau compagnon de route et les enfants n’ont pas caché leur excitation en le voyant se garer devant la maison. Pendant qu’ils prenaient le petit déjeuner, nous avons chargé tout le nécessaire (eh oui, il faut penser à tout : casseroles, couteaux, sacs poubelle etc.) et une fois habillés, les garçons se sont précipités dehors pour prendre possession de la bête. Je vous dis pas le niveau de ferveur des Gus : Hugo en boucle sur « c’est trop cool ! », Simon hurlant « camping-car » (qu’il a prononcé d’ailleurs tout de suite parfaitement, ce que je mets sur le compte de la génétique). Une fois leurs effusions contenues par des ceintures de sécurité et un paquet de choco BN (pour faire comprendre à un enfant de deux ans qu’il ne PEUT pas sauter sur le lit pendant le trajet, il faut recourir à ce type d’armes de dissuasion), nous avons pris la route direction la Suisse, ses montagnes, ses prairies et… Ses bouchons ! En tout, nous avons dû perdre 2h à poireauter à l’entrée de ce grand imbécile de tunnel du Gotthard, et je pense que le demeuré pur sucre qui a pensé qu’un tunnel à 1×2 voies comme unique voie de passage était une bonne idée n’avait pas d’enfant à occuper en voiture. Ah, et pour couronner le tout, nous avons eu droit à une tempête de neige. La Suisse n’est pas neutre. La Suisse a pris le parti d’être chiante. 
Suisse
Même si la Suisse est jolie, quand même.
Suisse
Mais chiante.
L’enfer des bouchons a continué en Italie, puisque grâce à nos amis suisses, nous sommes arrivés sur Milan en pleine heure de pointe : capitale de la mode, et de l’empreinte carbone, vu les kilomètres de voitures arrêtées qui s’y entassent. Après plus de dix heures de route sur un parcours qui devait en compter six, nous sommes arrivés à Lazise vers 18h, épuisés mais heureux d’être là, d’être ensemble et de découvrir en même temps l’extraordinaire paysage qui s’offrait à nos yeux. Notre camping, que nous avions choisi sur les conseils d’une collègue italienne (et parce qu’il nous avait jadis acheté plein de mobil-homes), était parfaitement situé à quelques minutes à pied du centre, les pieds dans l’eau et offraient toutes les commodités nécessaires à des vacances agréables. Si vous connaissez un peu le camping-caravaning, vous savez que les « vrais » ne vont pas dans des campings mais dorment sur des aires ou dans des fermes étapes. Oui. Mais  avec des enfants, je vous conseille FORTEMENT l’option camping pour bénéficier de sanitaires corrects, d’activités multiples et de copains susceptibles de les occuper pendant que vous boirez votre rosé. 
À peine le camping-car posé, nous sommes partis nous dégourdir les jambes en marchant jusqu’au centre ville. Lazise n’est pas une grande ville, ni la plus courue des stations gardaises, mais c’est une jolie bourgade très typique avec un magnifique front de lac et un beau château (dont le châtelain, vous vous en douterez, est une fois de plus Coucou Hibou selon Simon – j’ose espérer que le volatile paie l’ISF !). Nous avons bu un Spritz dans une petite échoppe avant de reprendre le chemin du camping, de s’enfiler une maxi-portion de pâtes à la bolo et de filer au lit. Nous avions décidé que Schatzi et Hugo dormiraient dans le lit fixe à l’arrière tandis que je prendrai le lit escamotable à l’avant avec Simon. Encore une fois, gros moment d’euphorie : dormir dans un camping-car, qui plus est dans une cabane perchée, qui plus est avec Maman !!! L’enfant a frôlé l’hyper-ventilation. Il a fallu hausser un peu le ton pour que chacun s’endorme (faut dire qu’eux, ils avaient pioncé une bonne partie du trajet), d’autant que la journée à venir s’annonçait aussi palpitante pour eux que fatigante pour nous : la visite de Gardaland, plus grand parc d’attractions d’Italie, et situé tout près de Lazise. Priez pour nous, pauvres parents ! 
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Jour 2 : Gardaland (et le périple pour y arriver)

La nuit fut excellente pour tout le monde : les matelas sont vraiment confortables (je craignais qu’ils ne soient pas à la hauteur des promesses que nous faisons à nos clients, mais ils sont vraiment top) et la place largement suffisante, y compris pour les deux grands dadais qui dormaient à l’arrière. À peine réveillé, Simon a passé la tête par le lanterneau (=fenêtre donnant sur le toit) et nous a confirmé que le ciel est « bleu, bleu, bleu ».
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Après une bonne douche et un petit déjeuner dans la bonne humeur, nous sommes partis direction l’arrêt du bus censé nous conduire à Gardaland. Je dis censé car cela ne fut malheureusement pas aussi simple que cela : il faut croire que les bus italiens ont une vision très personnelle des horaires puisqu’après 1/2h d’attente, aucun bus à l’horizon ! D’autres touristes aussi désemparés que nous attendaient aussi, mais eux ont eu l’intelligence de poireauter encore 20 minutes de plus, que le bus de 10h25 arrive finalement à 11h15. Nous, nous avons décidé de marcher puisque ce fameux parc était seulement à 3km. Jeunes, en bonne santé et sous le soleil, rien d’insurmontable pour nous ! Oui, sauf qu’arrivés à portée de vue du parc, on s’est rendus compte que l’unique chemin pour y arriver consistait à longer une voie rapide ! Il était là, à 500m à peine en bas d’une route en pente, et nous, nous étions coincés en haut. On a tenté le stop, essayé d’arrêter tous les camping-cars passants, j’étais même prête à offrir nos deux cartes de visite et un SAV 5 étoiles à vie à celui qui accepterait enfin de s’arrêter. Mais il faut croire qu’une famille de 4 personnes désespérée faisant du stop sur le bord de la route n’attendrit personne… On allait renoncer, les larmes aux yeux, quand j’ai joué mon vas-tout en arrêtant une Fiat Panda avec à l’intérieur, un vieux monsieur que j’ai commencé à supplier les mains jointes à travers la vitre. Il a ouvert la vitre, et miracle, c’était un allemand, il a compris ce que je lui disais et il a accepté de nous descendre, poussette incluse, dans sa minuscule voiture ! Je crois qu’on l’aurait tous embrassé, ce brave homme (on a trinqué à sa santé, et pas qu’une fois !!). Il nous a déposé devant l’entrée du parc, et après avoir vérifié les horaires du bus retour et la possibilité de commander un taxi (on était échaudés !) on a pu enfin entrer dans ce fichu parc. 
Un parc d’attractions, c’est un parcd’attractions : ses cris émanant de manèges qui te filent la nausée rien qu’en les regardant, ses odeurs de bouffe et de sucre, sa musique qui tourne en boucle… Pourtant, nous qui sommes habitués à Europa Park, qui le connaissons par coeur et faisons rarement d’autres parcs, c’était sympa d’en découvrir un nouveau. Gardaland est le plus gros parc du pays et s’est a priori fait une spécialité des attractions à sensations, ce qui a fait le bonheur d’Hugo et un peu moins le nôtre, obligés de le suivre à tour de rôle sur des montagnes russes toutes plus folles les unes que les autres. Si d’aventure, vous visitiez un jour Gardaland, évitez absolument le Blue Tornado : le type qui a inventé ce truc devait détester les têtes et les épaules et voulait les voir exploser. Je suis sortie avec un mal de tête et une grosse désorientation qui m’a coupée l’envie de faire autre chose. Schatzi s’y est donc collé et a enchaîné un autre grand huit (fluide, cette fois), puis une truc de malade appelé Obvilion avec une première descente entièrement verticale. De son propre aveu, son corps a temporairement cessé d’être irrigué tellement il a eu peur. Après une pause repas (pas mauvaise pour un endroit de ce type), nous avons fait ensemble quelques manèges pour Simon et il a pu notamment faire du toboggan et jouer dans le sable (et accessoirement, se faire renverser un seau de sable sur la tête par une petite espagnole – je vous laisse imaginer le drame, surtout que pour une fois, il acceptait de jouer AVEC un enfant de son âge !). Une fois celui-ci endormi (le marchand de sable était bien passé :-)), j’ai accepté d’accompagner Hugo dans le Raptor, un autre grand huit. J’avoue : j’avais des doutes, mais au final, j’ai adoré au point de le refaire deux fois. Fluide, doux, mais tout de même très impressionnant, tout ce que j’attends d’un manège de ce type. Schatzi et lui ont testé deux ou trois autres attractions avant qu’il ne soit déjà l’heure d’aller attendre le bus (et espérer qu’il passe). 
Après une demie-heure de retard, et un trajet bondé avec moi debout, Simon dans les bras, et personne ne se levant pour me donner sa place, nous étions de retour au camping-car, pour le plus grand soulagement de Simon, visiblement inquiet à l’idée qu’on oublie de rentrer voir notre maison sur roues. Un risotto courgettes-parmesan plus tard, on a pas eu beaucoup de mal à envoyer tout le monde au lit. 
Pour résumer, Gardaland est un bon moyen de divertir les enfants une journée, et offre de quoi plaire aux petits comme aux grands (quoique clairement, le parc soit orienté vers cette cible ado/adulte). La thématisation est bien faite, les prix raisonnables (33,5€ par adulte, gratuit pour les moins de 1m) et la restauration diverse et plutôt de bonne qualité. Il y a une nurserie très complète pour changer bébé, réchauffer son biberon ou allaiter dans le calme. Le jour où nous étions, les temps d’attente étaient très courts (maximum 15 minutes) mais je pense qu’en été, l’affluence est un problème car ils vendent différents types de « fast pass » permettant d’éviter les queues. 
Enfin, ai-je besoin de vous conseiller un autre moyen de transport que le bus pour circuler autour du Lac de Garde ? 
Pour info, il existe un second complexe appelé Caneva world à Lazise avec un parc d’attractions et un parc aquatique. A priori, c’est plus petit mais aussi moins cher et ils promettent moins de 30 minutes d’attente aux attractions, faute de quoi ils offrent un nouveau ticket d’entrée au parc. Cela peut être une alternative si vous craignez l’affluence à Gardaland. Maman des Merveilles, spécialiste internationale des parcs de loisirs du lac de Garde depuis 2017 ! 
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Moi qui trouve que c’est une bonne idée d’aller à pied jusqu’au parc (et en fait, pas).
C’est moi ou il a des airs de Tom Cruise dans Top Gun ?
Avant le drame
Je peux couper mon nez au montage ?
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Il est relou, mon reup !
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Oh Hugo, tu es sauf, j’ai cru que tu ne sortirais jamais vivant du Blue Tornado !
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Photo souvenir express avant de prendre le bus (bien qu’en fait, on aurait eu le temps d’en prendre 10 000)

 

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