CELLE QUI FAISAIT LA COURSE

Au titre de l’article, tu vas te dire « et allez donc, elle nous ressort son couplet de femme stressée qui court partout et n’arrive à rien ! Change de disque, Maman des Merveilles ! ». Aussi vrai que cela soit-il, c’est pourtant de course, et de vrai, celle qu’on fait à pied moulée dans un leggings fluo, dont je veux te parler aujourd’hui. Et là, pour le coup, tu te dis qu’elle fait braire, celle-là, à nous parler de sport tous les quatre matins alors qu’ici, on était censé parler couche qui déborde et solutions pour gérer le terrible two (et le three, et le four, et tout ce qui suivent derrière). Je me repends, chère lectrice, je vais faire ma fit mum le temps d’un article mais tu comprendras pourquoi il me tient à coeur de partager avec toi sur ce sujet.

Depuis quelques temps, je (re)cours. Je mets « re » car jadis, dans ma folle jeunesse de primipare qui ne connaissait même pas encore Schatzi, je courais déjà. A l’époque, il n’y avait pas de smartphone, pas de montre connectée, pas de Runtastic donc je courais sans aucune technologie, sans recherche de performance, et avec une seule idée en tête : être toujours plus mince. Oui, à l’époque, je trouvais ça stylé, les os saillants et les cuisses de poulet. Comme quoi on est pas toujours très malin quand on a une vingtaine d’années et les cheveux qui baignent un peu trop souvent dans la vodka pomme…Bref, jadis je courais sans vraiment m’intéresser à un kilométrage, un temps ou un repoussage de limites perso. Je courais pour une MAUVAISE raison.

J’ai arrêté en 2010 quand j’ai découvert la salle, et que je me suis mis à enchainer les cours de pump, de RPM et de cuisses-abdo-fessiers comme seule une femme confiante en son périnée peut le faire (elle me manque, cette nana #petitegoutte #tropglam). La suite, vous la connaissez, mariage, grossesse, accouchement, pouponne et tout le bataclan. Ma pratique sportive s’est concentrée sur des cours courts qui me permettaient de rentrer assez tôt pour ne pas attiser trop fort ma culpabilité maternelle déjà très prononcée.

Et puis, comme tu le sais, en début d’année, j’ai eu un gros coup de mou. Mon niveau de non-acceptation de moi-même atteignait alors des sommets, je ne supportais plus la fille dans le miroir et même à la salle, qui était pourtant jusqu’alors un deuxième foyer pour moi, je me comparais tellement aux autres filles que je n’arrivais plus à prendre de plaisir. Il me fallait quelque chose pour me réconcilier avec moi-même, et ce quelque chose, je l’ai trouvé avec une paire de New Balance (offertes par mon Schatzi qui, définitivement, lit en moi comme dans un Picsou magazine ouvert).

Les premières sorties ont été dures pour mon ego : moi qui me considérais comme sportive, j’avais beau avoir la musculature, je n’avais plus ni le souffle, ni l’endurance de ma période « rien sur les hanches, ni dans le cerveau » et je crachais mes poumons sur 5km en priant le ciel pour ne pas être obligée d’appeler Schatzi pour qu’il vienne me chercher. Il m’a fallu réapprendre à respirer, à gérer ma vitesse, à ne pas partir trop vite. Je focalisais sur les 28 min qu’il me fallait avant pour courir 5 km, et le fait de ne pas parvenir à les boucler en moins de 35 min me déprimait carrément.

Et puis, avec le retour des beaux jours, j’ai commencé à retrouver le plaisir de fouler l’asphalte, d’entendre les kilomètres s’égrainer dans mes écouteurs et de profiter de l’air frais sur mon visage et des bruits et odeurs de la nature (mmmh, quel bon fumet de purin !). J’avais du mal pourtant à croire que je pouvais passer cette barre symbolique de 5 km. Le 18 mars, j’ai dit à mon ami Benoit que je n’arriverais pour autant sûrement jamais à courir 10 km. Le 19, j’en courais 11,5. Aujourd’hui, je ne suis pas loin des 20.

Je me lève le dimanche poussée par l’excitation de la sortie longue du jour. Je savoure chaque pas, chaque prise d’air, chaque minute de ce moment qui n’appartient qu’à moi, où je repousse mes limites et où je fais le plein de confiance en moi. D’une chose impensable, impossible, j’ai fait un défi que je me sens désormais capable de relever. En un mois de temps, j’ai explosé mes barrières. En un mois de temps, j’ai pris conscience de mon corps, de ses capacités, de sa force, de sa puissance. Désormais, même si lui et moi on a encore des sujets de discorde (genre c’est quoi ces mollets de merde qui ne rentrent dans aucune botte ?), j’apprécie de lui faire du bien, vraiment du bien, pas du bien genre « j’en chie en poussant de la fonte dans une salle » mais du bien du genre « respire le bon air frais et enjoy, mec ! ». Je fréquente toujours la salle, mais je vois désormais mes séances comme un accompagnement à mon activité de running. J’y vais pour me conforter dans mes capacités, pas pour me rassurer.

Euh, je fais une aparté mais ma folle de famille est en train de faire un boeuf sur « sur le bateau des gentils pirates » à la guitare acoustique dans la pièce d’à côté et j’avoue que je suis partagée entre rire et questionnement.

Bref, revenons en à nos moutons. La course à pied m’apporte un bien-être physique et mental qui me faisait défaut depuis quelques temps. Je ne culpabilise pas de partir 2h chaque dimanche (enfin si, un peu, mais j’ai pas le droit de le dire sinon Schatzi me dispute) car je sais que je reviendrai de meilleure humeur, pleine d’énergie et d’envies pour la journée qui va suivre…

Je pense objectivement que la course à pied fait de moi une meilleure Maman. Je cours en me disant que Simon sera là pour m’encourager dans quelques semaines pour les 10 kms de Strasbourg, qu’il sera là le jour où (et non plus « si un jour ») je courrai un semi, voire peut-être un vrai marathon. Je cours en me disant que voir sa mère relever des défis qui lui semblaient impossibles il y a six mois encore ne peut être qu’une leçon que je lui donne. Je cours en me disant que mon fils sera fier de moi si je vais au bout de mes objectifs. Et surtout, je cours pour être plus heureuse, plus apaisée et mieux présente pour lui.

Ca peut être le macramé, la peinture sur toile ou la confiture. Mais il y a forcément un truc que tu sais que tu fais bien ou où tu sais que tu peux mieux faire avec un peu de volonté. Mais surtout il y a forcément un truc que tu aimes, qui te procure du plaisir et du bien-être.

Tout ce qui te fait du bien fait du bien autour de toi.

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