CELLE QUI VISAIT L’ÉLYSÉE

Cela ne vous aura pas échappé : d’ici quelques jours, on va (aussi nombreux que possible, j’espère), notre petite carte d’électeur sous le bras, aller accomplir notre devoir citoyen. Loin de moi l’idée de parler politique ici ! J’ai d’ailleurs toujours autant de mal à voir les opinions d’untel et untel claironnées sur les réseaux sociaux, moi qui viens d’une époque pas si lointaine où on avait plutôt tendance à les garder pour soi (ça fait vieux quand je dis ça ? Genre « je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ? ». Cool, c’était le but !). Bref, on ne va pas parler des petits rigolos qui nous vendent du « avec moi, ce sera plus mieux qu’avant » à longueur de JT. Parce que des gens avec des idées, en dehors du onze de départ pour qui on va se bouger les fesses jusqu’au gymnase du coin le 23 avril prochain, y’en a plein. Et je citerai même quelqu’un en particulier, quelqu’un qui aurait pu accomplir de grandes choses si elle n’avait pas eu aqua-poney le jour de la remise des parrainages : MOI.

Si je n’avais pas une flemme olympique à la seule perspective d’occuper mon dimanche à autre chose de binge-watcher « New girl », je me serais présentée, et croyez-moi, mes promesses à moi, ça aurait pas été des paroles en l’air. Du RTM (retrait du temps de maternité) au jour férié spécial soldes (pour celles d’été. Ou non, tiens, pour celles d’hiver. Oh et puis crotte, pour les deux !), y’en aurait eu de la réforme, à faire faire trois tours à Merkel dans sa culotte gainante maxi-couvrante sans même toucher l’élastique. Moi, j’aurais fait du RGO un crime contre l’humanité, rétabli la peine de mort pour les couches pas assez étanches et interdit le port des Crocs en dehors des couloirs d’hôpitaux.

Si j’étais présidente, il y aurait un bocal spécial « remarque à la con » où nos N+1 devraient mettre un euro à chaque « Tout le temps malade, votre gamin ! » prononcé. Et avec l’argent récolté, je financerais la construction d’un centre pour délinquants sexist-els, histoire d’éradiquer pour de bon ce fléau propre aux cadres supérieurs masculins qui consiste à penser que la maternité est une maladie. Votez Maman des Merveilles !

Si j’étais présidente, les opérations post-partum seraient intégralement remboursées par la sécurité sociale : bye-bye, cicatrice de césarienne qui te condamne au port du maillot une pièce ad vitam aeternam ! Sayonara, seins-gants de toilette vergeturés par la montée de lait ! Adios, culotte de cheval qui n’a certes rien à voir avec la grossesse mais que je n’aime pas quand même, alors dégage ! Je financerais les ampoules de cure pour cheveux cassants, les vitamines effet bonne mine et les roll-on anti « poches sous les yeux ». J’œuvrerais pour que toutes les femmes se sentent bien dans leurs baskets, n’aient pas honte de leur corps et pour que plus personne, jamais, sur terre, ne prononce la phrase « 9 mois pour faire, 9 mois pour défaire » parce que soyons honnête, ça te fait une belle jambe quand ça fait mille plombes que tu batailles pour que ton ventre dégonfle ! Votez Maman des Merveilles !

Si j’étais présidente, les gens qui secouent la tête en faisant « tss, tss, tss » quand ton gamin pique une crise dans la rue seraient passibles d’une amende, et tout le monde (oui, y compris Belle-Maman !) pourrait être condamné pour « outrage à parent » en cas de remarque déplacée. De la même manière, toute personne feignant d’ignorer ton statut de femme enceinte à la caisse du supermarché risquerait une peine incompressible le condamnant à vivre sur un laps de temps défini avec 15 kilos en plus, de la rétention d’eau et un dos en compote de pommes. Votez Maman des Merveilles !

Si j’étais présidente, j’encadrerais beaucoup plus sévèrement la production de ces engins de torture que sont les poussettes, les parcs et autre joyeusetés puériculturesques pour que, jamais plus, aucune Maman ne fonde en larmes devant un lit parapluie à moitié déplié et probablement déjà cassé. Votez Maman des Merveilles !

Si j’étais présidente, chaque mère de plus de deux enfants pourrait prétendre à bénéficier des dernières technologies en matière de robotique pour repasser, faire le ménage et remplir le frigo à sa place. Pourquoi des robots, me direz-vous ? Parce que si la femme de ménage embauchée a elle-même deux enfants, qui viendra faire le ménage chez elle quand elle le fait chez vous ? CQFD : les robots, oui, mais seulement quand il nous facilite la vie (et pas trop réalistes, hein, parce je ne veux d’un robot sexy en tenue de soubrette qui nettoie les carreaux sous les yeux de mon Schatzi !). Votez Maman des Merveilles !

Si j’étais présidente, je créerais un genre de Guantanamo bis pour les vils industriels qui inondent le marché de t-shirts Pat’Patrouille trop moches ! Les y rejoindraient, entre autres, le parolier du générique de Trotro (non mais mec, t’es sérieux ? Et on t’a PAYÉ pour ça ????), le type qui a inventé l’expression « congé enfant malade » (je t’en parlais ici) ou bien encore toutes les coiffeuses de la planète qui oseraient te reprocher de ne pas faire assez souvent de masques (ma cocotte, tu crois que si j’avais 15 minutes pour moi, je les passerais à me crémer le cuir chevelu ?). Au menu de la cantine, ils auraient des petits pots Blédina (encore une fois, je me demande : quelqu’un goûte ces trucs-là avant d’essayer de les refourguer à nos enfants ?) et pour s’occuper, des vieux jouets de salle d’attente de pédiatre certifiés porteurs de la quasi-totalité des maladies infantiles recensées sur Terre. Votez Maman des Merveilles !

Bon, les filles, je sais qu’en politique, normalement, ça se fait pas, mais je vais être franche avec vous : je ne compte pas me présenter. D’ailleurs, il paraît que c’est trop tard, et puis le CSA serait capable de me comptabiliser « La maison des maternelles » comme temps de parole.

Par contre, et pour parler sérieusement deux minutes, j’ai de la peine pour le monde dans lequel on vit, parfois, nous les Mamans. Un monde où une journaliste comme Léa Salamé reprend le travail trois semaines après avoir accouché – OK, sûrement par amour pour son job, mais aussi peut-être par peur d’être remplacée. Un monde où on continue de demander à une femme si elle prévoit d’avoir des enfants lors d’un entretien d’embauche, alors même que c’est interdit. Un monde où on parle de flexibilité au travail, alors que nous, on a déjà l’impression d’être au maximum dans l’élasticité de notre vie quotidienne. D’ailleurs, cette fameuse flexibilité, il serait temps aussi qu’elle aille dans les deux sens, non ? Parce que bon, si les expressions « télétravail » ou « pause allaitement » font beau sur le papier, c’est loin d’être une réalité pour la plupart d’entre nous. Et même en dehors de la sphère professionnelle : on veut vraiment de ce monde où la loi anti-châtiments corporels est déboutée, mais où la France entière, y compris dans les plus hautes sphères, s’indigne quand un enfant meurt quelques semaines plus tard de la maltraitance de ses parents ?

Je pense que comme moi, vous êtes lucides : personne n’arrivera sur le perron de l’Elysée d’ici quelques semaines avec les solutions à nos problèmes du quotidien. Il n’y aura pas de RSS (Revenu de solidarité shoppingesque) ou de congé « nuit de merde ». Et bon, ben, on devra faire avec. Mais en 2021, les filles, on en reparle, et on voit ce qu’on peut faire. Votez Maman des Merveilles !

PS : je vous invite à soutenir ma candidature future en participant à ma collecte de campagne disponible dans tous les magasins ZARA participants. Je décline toute responsabilité quant à une éventuelle dépense de la somme récoltée pour acheter des chaussures.

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