CELLE QUI ÉTAIT EN « CONGÉ » ENFANT MALADE

C’est bien connu : le destin aime à contrarier tes projets. Tu avais prévu d’aller courir, et il se met à tomber des cordes. Tu avais prévu de ne pas prendre de dessert, et il y a un moelleux cœur caramel au beurre salé à la carte du resto. Tu as prévu d’aller à Disneyland, et ton fils fait une bronchite avec pic à 39°, toux glaireuse et, donc, nuit foireuse.

Point de Mickey, donc, mais une visite chez le docteur dès les premières heures du jour. La pédiatre étant légèrement surbookée, je me suis rendue chez le généraliste. Bien que les températures de ces derniers jours aient avoisiné les 25 degrés, il faut croire que cela n’empêche pas les gens de tomber malade car la salle d’attente était aussi pleine que Gérard Depardieu au salon des vignerons indépendants.

Ce que j’adore dans ce genre d’endroits, c’est que tout le monde semble d’accord pour dire que tu as vraiment pas la vie facile, toute seule avec un petit malade qui alterne pleurs, cris et périodes « je me sens mieux et j’ai bien envie de jeter tous les VSD de 1995 qui traînent sur la table pour fêter ça ». Les cinq premières minutes, tout le monde te regarde d’un air compatissant. Après la troisième crise (provoquée par le fait que tu ne l’as pas laissé ouvrir la porte du cabinet et observer le docteur ausculter Mme Debard, 80 printemps, venue pour une crise hémorroïdaire aigue), tout le monde commence à en avoir ras-la-soupe, de ton gamin. Et pourtant, pourtant, personne, je dis bien PERSONNE n’envisage ne serait-ce qu’une seule seconde de te laisser passer !

Quarante-cinq très longues minutes plus tard (dont un tiers passées à chanter « ah les crocodiles ! » devant un parterre de patients qui le sont d’ailleurs de moins en moins), tu rentres dans le cabinet du docteur. C’est réellement là que les choses sérieuses commencent, parce que le docteur attend de toi que tu incites Simon à coopérer lorsqu’il faudra regarder dans ses oreilles ou lui faire faire « AAAAhhhh ». J’ai un scoop pour vous : un enfant, surtout un enfant qui a dormi deux heures la nuit d’avant, ça mord ! Le verdict tombe: bronchite infectieuse, y’en a pour un bon 72h de galère et, bien sûr, Disneyland, vous vous l’accrocherez là où je pense, ma chère Madame !

Après cela, il va falloir prévenir ton employeur que tu vas devoir utiliser un jour de congé enfant malade (voire plusieurs, mais moi j’ai l’extrême « chance » que cette maladie tombe avant un week-end, histoire que je puisse en profiter à fond !). Bien entendu, dès l’aube, tu avais déjà envoyé un message indiquant que tu te rendais chez le médecin et que tu ne pourrais donc pas arriver à l’heure ce matin. Et ensuite, tu ne t’étais pas rendormie parce que tu avais commencé à cogiter sur tout ce qui était sur « to do list » du jour et que du coup, tu ne pourras pas faire, ou qu’il te faudra régler à distance. Mais bon là, il va falloir lui annoncer la terrible nouvelle : tu ne viendras pas du tout.

Congé, je sais pas pour vous, mais pour moi, ça rime avec grasse matinée, terrasse le midi et shopping l’après-midi. D’ailleurs, dans la tête de ton boss, « congé enfant malade » signifie que tu es à la maison avec un gamin qui dort toute la journée et que tue te fais les ongles de pieds devant une redif de Desperate Housewives. THE BLAGUE. Dans la vraie vie, tu nettoies du vomi, tu mouches du nez, tu réponds à toutes les sollicitations (et je rappelle que j’ai l’enfant mâle donc même avec un rhume, il est à l’article de la mort !) et tu essaies de faire avaler à ton fils un médicament dégueulasse et poisseux qui finit réparti à 80% sur ta peau et tes vêtements et à seulement 20% dans le système immunitaire de ton petit malade.Et le tout, je le rappelle encore, en ayant dormi deux heures ! Et bien sûr, pendant tout ce temps-là, tu penses au boulot et tu culpabilises de ne pas être aussi assidue que tes collègues nullipares. Trop de kif. Ou pas.

Là, je dois l’admettre, Simon dort. Ce qui me permet d’écrire cet article. Elle pourrait dormir, cette folle, te diras-tu. Oui, mais l’expérience de la nuit dernière m’a prouvé une certaine corrélation entre mes yeux qui se ferment et les pleurs de Simon qui se réactivent. Donc je préfère m’épargner cette terrible frustration et plutôt vous compter mes malheurs rapidos, avant d’aller préparer à manger pour quand mon petit éclopé se réveillera.

Puis, je passerai le week-end à soigner, nettoyer et essayer d’empêcher que Simon ne contamine son frère pour ne pas m’attirer les foudres de l’ex-femme de mon mari. Je pense que je compterai les heures jusqu’à la fin de mon « congé » enfant malade, en cajolant mon petit lapin et en essayant de ne pas penser à celui posé à Mickey (pour la petite histoire, pendant ma veillée nocturne d’hier, j’ai justement regardé un reportage sur Disneyland, histoire de bien asseoir ma déception).

Bref, mon week-end ne sera pas comme je l’avais imaginé, et il va bien falloir faire avec. Après tout, c’était dans le contrat (mais si, dans les toutes petites lignes que personne ne lit en bas. Comment ça, personne les lit ?).

Bon week-end les ami(e)s, et pensez bien fort à moi !

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