CELLE QUI PROGRESSAIT

Comme vous le savez, il y a quelques temps, j’ai eu un petit coup de moins bien. J’ai eu besoin de prendre du recul, de me refocaliser sur l’essentiel et de travailler sur moi. Bien entendu, tout cela ne s’est pas réglé à la magie d’une carte offerte par mon Schatzi – aussi choupi soit-elle. J’ai parfois encore des phases descendantes, surtout quand quelque chose m’atteint ou me touche. Cela peut être une remarque de mon beau-père sur mon côté « caporal en chef » qui planifie tout six mois à l’avance, un refus par mon chef d’écouter une idée qui me semble pourtant bonne ou un sentiment de vide quand je comate le samedi soir devant Homer Simpson et sa bande (The Voice ayant repris, Schatzi et moi faisons télés séparées ce soir-là). Dans ces moments-là, j’ai tendance à trop cogiter et à repartir sur des sujets qui ne me font pas du bien.

Mais bon, dans tous les cas, globalement, j’ai bien repris du poil de la bête, en grande partie parce que j’ai enfin accepté de reconsidérer certaines choses.

Le meilleur exemple, c’est l’épineuse question des repas. Avant, paniquée par le « qu’en dira-t-on », je m’obstinais à faire avaler des légumes à Simon sous une forme règlementaire pour un enfant de deux ans, j’entends donc entiers, cuisinés comme ceux des adultes. Tu pouvais être sûre que ce type de repas finissait invariablement en crise, avec des cris, des pleurs et du chou-fleur dans les cheveux. Résultat des courses : le nombre de légumes réellement ingérés par mon fiston était en dessous du niveau de la mer et l’ambiance à la maison plus qu’électrique (et ça, pour des gens qui se voient 3h par jour, c’est vraiment dommage). Au hasard d’un hachis parmentier carotte/dinde, j’ai remarqué que les mêmes carottes qui volaient partout dans la cuisine lorsqu’elles étaient entières me valaient des « Bon, Maman » une fois mixées en purée. Du coup, j’ai ressorti mon baby-cook du placard et me suis remise à faire des purées de courgettes, d’épinards ou de patates douces. Régressif ? Sûrement.  Mais efficace, ça oui, à 200%. Moi-même, à 31 ans, je déteste les haricots verts entiers mais les supporte en purée. Alors, franchement, est-ce que j’ai des leçons à donner ?

Même chose pour le « cheat meal » version enfant. Avant, je m’obstinais à tout faire moi-même, je passais mes dimanches en cuisine à préparer des gamelles à congeler pour jusqu’à ce que Simon ait 45 ans. J’étais fière lorsque l’on disait de moi que je faisais ce qu’il y avait de meilleur pour mon fils, et je me complaisais dans mon rôle de mère nourricière bio/locavore/5 fruits et légumes par jour. Le revers de la médaille, celui que je me gardais bien de faire miroiter, c’est que souvent, Schatzi et moi finissions au régime œufs au plat/salade verte (dans le meilleur des cas, sinon, c’était cracottes au St Morêt) parce que j’étais bien incapable de faire preuve de créativité pour nous après tout ça. Désormais, j’assume le fait qu’environ une fois par semaine, je m’en remets à l’ami Picard pour les repas de mon fiston. Et que ce ne sont pas quelques pommes de terre noisette ou une part de quiche surgelée qui vont affecter son équilibre… Voir sa mère craquer sous la pression, ça par contre…

Idem pour mon rapport au sport et à mon corps : avant, je faisais mes trois cours en salle par semaine, si possible au format HIIT pour que ce soit aussi court et intense que possible, et que je puisse rentrer à la maison suffisamment tôt pour encore être là pour le repas, la séance de lecture et le coucher. Je sortais du sport stressée par ce timing, sans ressentir cette plénitude qui accompagne habituellement la fin d’un effort. En plus de cela, la balance continuait de m’afficher deux kilos en plus que je n’avais pourtant pas après l’accouchement. Bref, je pestais contre moi de faire passer le sport avant mon fils, je pestais contre mon corps de ne pas tenir compte des burpees que je m’étais contrainte à faire, je pestais contre mon mental qui ne m’encourageait plus à faire 5 séances par semaine comme avant et, au final, je ne pense pas que j’étais d’excellente compagnie pour mes garçons.

J’ai vu une diététicienne, ce qui peut paraître ridicule quand on pèse comme moi une cinquantaine de kilos. Et en effet, sur mon alimentation, elle n’avait pas ou peu de choses à dire. Par contre, elle m’a fait prendre conscience que pour une femme active avec un enfant et un boulot prenant, j’avais une pratique sportive si ce n’est exemplaire, tout du moins plus qu’honorable. Elle m’a pesé « pour de vrai », avec le ratio graisse/muscle, et j’ai compris que ces foutus deux kilos à cause desquels je me privais de tas de trucs depuis des mois, c’était du muscle, et la conséquence directe de ces fameux entrainements HIIT. Elle m’a demandé quel sport me procurait le plus de plaisir, et m’a orienté à persévérer dans celui-là avant tout. C’est comme ça que je suis partie courir un dimanche matin et que, presque sans effort, j’ai franchi le cap des 10 km en moins d’une heure. C’est comme ça qu’a germé en moi l’objectif d’un semi-marathon, mais surtout la certitude qu’avec le bon entrainement, je pouvais y arriver. Pour quelqu’un qui, foncièrement, doute de soi, croire en sa capacité à réussir quelque chose, c’est un vrai progrès. Enfin, elle m’a fait comprendre que mon fils aurait toujours davantage besoin d’une Maman bien dans ses baskets (littéralement pour le coup) que d’une Maman mal dans sa peau. Depuis ce RDV, même si je ne peux pas dire que la perspective du maillot dans quelques mois me séduise, je me sens dans tous les cas mieux physiquement et plus sereine d’ « abandonner » Simon quelques heures par semaine pour faire quelque chose qui rende sa Maman plus épanouie.

Enfin, j’ai admis une chose qui m’aide dans mes relations avec Simon : ce n’est plus un bébé. Je vous ai déjà chanté la même chanson dans un autre article il y a peu, mais ce que je veux dire par là, c’est que j’essaie d’arrêter d’avoir des réactions de Maman d’un enfant de 15 mois quand le mien a passé le cap des 2 ans. Le Simon de l’an dernier avait besoin d’aide pour faire du toboggan ? Le Simon d’aujourd’hui sait très bien faire tout seul. Il sait évaluer un danger potentiel, un pied qui ripe, une marche pas stable. Il sait y remédier aussi. De la même façon, il sait très bien qu’on se tient quand on monte un escalier, qu’on s’essuie la bouche après avoir mangé ou qu’on dit « merci » quand on nous donne quelque chose. Inutile pour moi de persister à le lui rappeler.

De la même façon, j’ai compris qu’il y a des choses auxquelles il n’a pas l’air prêt à renoncer : n’allez pas lui parler de pot, par exemple, ou de supprimer le bibi du soir. Il tient à son lait autant qu’à la tétine qui l’attend sagement dans son lit (gare à elle si elle en sort, il l’y rebalance manu militari) ou qu’à son gobelet bec de canard. Je sais qu’il peut se passer de sa dose de Candia ou qu’il peut boire dans un grand verre, tout cela, il me l’a déjà montré lorsque les circonstances l’exigeaient. Mais de la même manière que moi, je dors encore parfois (souvent. Bon ok, dès que les températures me permettent de le justifier auprès de Schatzi) avec ma couverture gratte-gratte, il y a des choses qui, dans sa courte vie, ont encore trop d’importance pour être remisées.

Des constats, j’en fais tous les jours en ce moment. Je constate aussi que je me sens bien. Mieux même. Que ces petits ajustements ont pourtant eu un grand effet sur mon moral, ma confiance en moi, mes relations avec les autres et mon rôle de mère. Il y a encore une bonne marge de progression, mais j’ai plus avancé en quelques semaines qu’en 31 ans. Y’a de l’espoir donc.

Sauf pour ce qui est de la couverture gratte-gratte. Là, Schatzi, je ne changerai jamais.

JAMAIS.

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