CELLE QUI ANTICIPAIT LES CRISES

Je te pose le décor.

Lundi (soir, ouf, c’est déjà ça !).

Trajet de retour à la maison après une énième virée à Cora parce que je n’ai pas su anticiper l’appétit d’ogre de mes colocataires et néanmoins amours de ma vie qui ont boulotté de ce que j’avais acheté vendredi.

Simon passablement agacé par le fait d’être une fois de plus engoncé dans un siège-auto par la seule volonté de sa mère (tu sais mon lapin, si Maman avait vraiment le choix, elle serait à Caucùn en train de boire une margarita, et pas là à essayer de se battre avec le système de fermeture de ton Römer).

Pour couper court aux suppliques de mon fils, je décide le recours à l’arme ultime, soit un CD de chansons enfantines sur lequel figure notamment en bonne place « Coucou hibou » (si tu as loupé les épisodes précédents, l’enfant nourrit la passion passionnée pour le volatile globuleux).

On arrive à la maison, on sort de la voiture, je décharge les courses, j’enlève son manteau à Simon, je range les courses… quand soudain, je tilte. Misère de misère, j’ai oublié de rappuyer sur « Radio » avant de couper le contact, ce qui fait que demain matin, quand je reprendrai la voiture pour partir chez la Nounou, automatiquement, Coucou Hibou (ou la baleine qui tourne, qui vrille, ou cette foutue chèvre qui revient d’Espagne et parle teuton) reprendra le cours de son chant. Et si j’ai le malheur de changer pour écouter les infos, m’attend alors une crise qui fera passer celle des subprimes pour une journée à Disneyland.

Sauf que mon RDV matinal avec Thomas Sotto (oui, j’assume, j’écoute Europe 1 le matin, comme les vieux), j’y tiens. Donc qu’est-ce que je fais ? Je redescends, je vais à ma voiture, je mets le contact, j’appuie sur « Radio ». Crise évitée.

Mon moniteur d’auto-école me le répetait tout le temps : il faut AN-TI-CI-PER, Mademoiselle. Anticiper, c’est considérer toute situation comme un danger potentiel (coucou, toi, le piéton qui fait mine de marcher tranquillos sur le trottoir mais qui pourrait très bien décider comme ça, à brûle-pourpoint, de te jeter sous mes roues – mais comment ça arrive TROP PAS dans la vie, ça, Jacky de chez Jacky Auto Ecole !!!). Anticiper, c’est adapter ton comportement à l’hypothèse d’une menace. Anticiper, pour faire simple, c’est faire rapidos des pâtes bolo à la place des brocolis quand tu sens que ton fils est mal luné.

Avec Schatzi, vu qu’on est un peu allergiques aux cris et aux conflits, on anticipe souvent. Par exemple, on essuie et on range soigneusement le bibi une fois lavé pour éviter que, alors qu’il sèche inopinément sur le rebord de l’éviter, son regard sans Bisphénol A ne croise celui de notre fils, à qui il pourrait du coup venir à l’idée de réclamer du lait à 3h de l’après-midi. On prend également soin d’éloigner notre terreur de la cuisine lorsque vient l’heure de préparer le repas, en le collant dans le bain ou en l’entrainant dans un coloriage ou la lecture d’un livre. On a l’expérience : on sait que dès qu’il voit l’once de la queue d’une casserole, il passe en mode hystérique du diner qui ne saurait attendre 2 minutes pour recevoir sa pitance (qu’il repoussera pourtant au bout de trois cuillères en te lançant « Fibi, Maman ! »).

Autre exemple marrant (et parlant) : hier au Cora, donc, je mets dans le caddie un paquet de brioches aux pépites de chocolat. Schatzi plonge la main dans le chariot et le retourne. Moi : « ah oui, excuse moi, t’as raison ». Pour le commun des mortels, cette scène peut sembler passablement surréaliste. Pour nous, c’est juste un réflexe logique pour éviter que Simon ne comprenne ce que contient le paquet en question et ne se mette à réclamer un « Tateau au chocolat » une heure avant le dîner.

C’est qu’on le connaît, le fiston ! On sait exactement ce qui peut énerver la bête, et les situations dont il sera difficile de s’extirper sans heurts. Du coup, pour préserver un climat harmonieux au sein de notre famille, on a pris certaines habitudes sans grandes conséquences au demeurant, mais qui nous évite de passer 1/4h à gérer une crise pour rien.

J’entends déjà les « Mais tu le confrontes pas à l’échec, comme ça ! » et autres « Tu ne lui apprends pas à gérer sa frustration ». Euh, alors d’une, je ne considère pas que le fait de pas réussir à ouvrir tout seul une porte coulissante soit un échec, mais surtout, des frustrations, je pense qu’il en vit bien assez au quotidien : celle de devoir être tiré du sommeil chaque matin à 6h20 ; celle d’être régulièrement trimballé de droite à gauche au gré des déplacements de ses parents ; celle de ne voir son grand frère adoré qu’un week-end sur deux. Et j’en passe… Du coup, lui épargner celle d’une brioche Pasquier refusée au supermarché, pourquoi pas…

Bon, et vous alors, c’est quoi vos petites astuces pour éviter le courroux de vos tyrans miniatures ?

PS : je sais que la photo n’a rien à voir là-dedans. Mais c’est mon blog, je fais ce que je veux. Si je veux mettre une photo de licorne unijambiste qui danse la conga, je peux. JE SUIS TOUTE PUISSANTE !!!!!!!!!!! (rire machiavélique)

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