LA CONFIANCE EN HÉRITAGE

C’est un article un peu plus personnel que j’ai envie d’écrire depuis un moment déjà. Il a mûri dans ma tête au cours des derniers mois et aujourd’hui, je me sens prête à l’aborder ici.

Tu as pu t’en rendre compte, je ne suis pas la confiance en moi personnifiée. Pour tout un tas de raisons, j’ai depuis l’enfance des difficultés à croire en moi, à me sentir à la hauteur des autres et à ne pas me comparer à eux. Aujourd’hui, à 31 ans, si j’ai fait du chemin, j’ai encore du mal à m’accepter telle que je suis et à ne pas systématiquement me remettre en question. C’est une véritable tare, qui influence ma carrière, ma vie personnelle et mes relations avec mes congénères. C’est même une des raisons qui a fait que, quand Schatzi a balancé ma pilule dans la poubelle, j’ai paniqué : plus que la peur de voir notre vie changer, j’ai eu peur de ne pas réussir à être mère. Si je n’avais pas de doute sur ma capacité à gérer la conception, je craignais en revanche de ne pas savoir déchiffrer le mode d’emploi une fois le bébé arrivé, et de tout faire de travers.

Du coup, maintenant que j’ai quelqu’un dans ma vie qui construit la sienne en fonction de moi, j’ai fait de la confiance en soi un des piliers de mon éducation. Pas question que Simon ne soit comme moi et en souffre. Je veux que quand il se regardera dans la glace, plus tard, il soit satisfait de ce qu’il y voit, et ce même si par malheur il hérite de mon nez trop long ou du cul bas de son Papa. Je veux que quand il entreprendra quelque chose, il parte convaincu d’y parvenir, malgré les difficultés. Je veux qu’il vive sa vie pour lui, et pas pour les autres, sans se comparer, sans se dévaloriser. Je veux qu’il sache encaisser les critiques, qu’il sache faire la part des choses et surtout qu’il croit en ses capacités.

C’est mon rôle, en tant que Maman, de lui inculquer cela, et de le protéger ainsi de la peur de l’échec et du stress. De ce fait, j’essaie chaque jour de semer des petits cailloux sur son chemin qui l’aideront à se construire mieux que je ne me suis construite moi. Cela passe par plusieurs leviers, que j’ai vais essayer de résumer ici.

1) Valoriser 

Quand il dessine, même si objectivement, ce ne sont que des gribouillis, je le complimente sur son dessin, je lui dis qu’il est encore plus joli que le dernier qu’il a fait, qu’il a progressé, qu’on voit qu’il s’est appliqué. Quand le dessin est vraiment réussi, je le distingue des autres, en l’accrochant un temps sur le frigo ou sur la porte d’entrée, histoire de lui montrer que son « oeuvre » vaut la peine qu’on la mette en avant et qu’on l’expose aux yeux des autres.

2) Le pousser à persévérer

De la même manière, quand il prend une initiative, quand il comprend le mécanisme de telle ou telle chose, je l’en félicite, je lui dis qu’il a très bien compris le principe, et que cela prouve qu’il grandit. Et s’il lui faut plusieurs tentatives pour réussir à faire quelque chose, je le pousse à continuer jusqu’à ce qu’il y parvienne (et pourtant j’ai un petit mec qui se frustre super vite et s’énerve dès que cela ne marche pas comme il veut). J’essaie de lui enseigner à ne pas se laisser décontenancer par un échec.

3) Utiliser des mots-clés

« Bravo », « tu as réussi », « c’est super », « je suis fière de toi »… Autant de petits mots ou de petites phrases prononcées sans y penser mais pourtant cruciales pour la confiance en lui de l’enfant. Je me dis qu’à l’âge adulte, on nous complimente rarement pour nos réussites ou nos accomplissements, cela ne fait pas partie des « conventions sociales » qui nous lient à nos congénères. Alors que pourtant, je suis persuadée que des mots comme ceux cités plus haut, même pour nous adultes, seraient de véritables moteurs pour nous pousser à accomplir encore davantage. Verbaliser notre fierté, c’est lui permettre d’assumer la sienne.

4) Ne pas brider son amour

J’en avais parlé ici et je continue d’assumer le fait que je suis folle de mon fils. Jamais je ne lui cacherai la force de mon amour pour lui, ni la fierté qu’il m’inspire. A partir de là, là encore, je verbalise cet amour au quotidien, mais toujours à bon escient. Par exemple, si je dois le laisser chez ses grands-parents pour partir en déplacement, plutôt que de lui dire au téléphone que je l’aime, ou qu’il me manque (et ainsi risquer de générer chez lui de la nostalgie, voire de la peine), je positive sur la situation, lui dit combien je suis contente qu’il passe de bonnes vacances chez Papy et Mamie etc. Par contre, quand nous sommes ensemble, je ne me prive pas de lui dire au moins une fois par jour que je l’aime fort,ou, mieux encore, que l’on s’aime fort, histoire de lui inculquer la réciprocité des sentiments.

5) Le renforcer sans en faire un Narcisse

Quand on demande à Hugo s’il se trouve beau, il n’hésite pas à dire que oui, il est beau, et que toutes les filles sont amoureuses de lui. J’ai toujours eu du mal avec ce manque de modestie : si d’un côté, je suis contente qu’il ait confiance en lui, je sais de l’autre que cette assurance extrême n’est pas socialement convenable. De ce fait, j’ai plutôt tendance à dire à Simon qu’il est bien comme il est, plutôt que de lui dire qu’il est le plus beau, le plus craquant etc. Je lui dis qu’on est jamais parfait dans la vie, mais que l’important est d’être parfait pour ceux qu’on aime et qui nous aiment. Je préfère qu’il se voit comme un type bien plutôt que comme un type beau.

Je ne prétends pas du tout avoir la science infuse et sûrement que je fais plein d’erreurs aussi, et que les plus calées d’entre vous en matière de pédagogie enfantine doivent lever les yeux au ciel. Mais j’essaie de tirer profiter de mes failles, de mes doutes pour les éviter à Simon. Je ne lui souhaite pas d’être aussi sûr de lui que ne l’est son frère, et je ne crois d’ailleurs pas cela possible (pour moi, il y a une part de génétique dans toutes ces histoires de confiance en soi… La preuve, la mère d’Hugo est la confiance en soi faite femme, et son père à elle également, et Hugo suit naturellement leur chemin). Mais si par ces petits gestes et mots du quotidien, je lui évite au moins un peu de souffrir de ce qui moi me poursuit depuis trois décennies, je pourrai cocher une case dans ma to do list de mère.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :