I WISH I WERE A KID AGAIN

Ca fait plus d’une semaine que je n’ai rien écrit. Petite baisse de régime, blues hivernal, panne d’inspiration, difficulté à gérer mon temps… J’ai tout un tas d’excuses en stock, la plupart liées à un seul et même facteur : ma condition d’adulte.

Non mais franchement, c’est quoi ce deal de merde que la vie nous fait : en gros, je t’échange fraîcheur, imagination et innocence contre une voiture et une carte de crédit. Désormais, tu ne mangeras point tes crottes de nez, mais par contre, tu pourras dire tous les « putain » du monde sans jamais finir au coin. Non pas que je regrette de ne plus manger mes crottes de nez (grosse info, la meuf admet qu’elle boulottait ses mickeys !)… Par contre, j’avoue que je regrette de ne plus porter de jupe de princesse qui tourne et de ne plus pouvoir manger de chocolat sans entendre une petite voix dans ma tête qui me dit « Deux minutes dans la bouche, dix ans sur les hanches ! ».

Comme le disait le Papy à Spiderman (ou son oncle, d’ailleurs, j’ai jamais accroché à l’homme araignée, moi #teambatman), « un Grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Quand tu gagnes le droit de voter et de payer des impôts (note pour le bon génie de la vie, je m’en passerais bien de celui-là), tu perds celui de rêver, de t’émerveiller et te laisser porter par tes émotions.  

Aujourd’hui, faute de père Noël, je suis censée croire au renouvèlement de la classe politique et aux yaourts 0% de matière grasse. Quand quelque chose m’affecte, me touche, me décontenance, je suis censée faire bonne figure, prendre sur moi, ravaler ma fierté, mes larmes…Même mon vomi parfois ! (la nana te parle maturité et embraye cash sur du bon pipi-caca niveau maternelle).

Franchement, tout est mieux quand t’es gamin. Prenons la bouffe par exemple : quand j’étais petite, franchement, je m’en tapais sévère le coquillard, des taux de glucide, de l’huile de palme et des calories vides.

Si je voulais m’enfiler un Happy Meal à 16h, y’avait que ma mère que ça pouvait gêner, et je me sentais pas obligée de taper 10 bornes de jogging pour éliminer derrière.

Désormais, au petit dèj, je dois manger des flocons d’avoine bio dégueulasses parce que les Chocapic, le Docteur Cohen a dit que c’était bourré de sucre raffiné.

Les pâtes, c’est une fois par semaine, et encore, faut qu’elles soient complètes, et sans sauce, SVP, parce que faudrait pas masquer ce si délicat goût de carton qu’ont les pâtes sans gluten.  

Et je te parle même pas de tout ce qui désormais est persona non grata dans mes placards : le Nutella, les Prince de Lu, la Vache qui rit, l’Oasis tropical… C’est simple : la short list de mon caddie est plus sélective que le videur du Montana.

On parlait réactions, un peu plus tôt. Prends le temps de réfléchir deux minutes à la manière dont tu réagissais quand, petit(e), tu te retrouvais en situation de peur. Plongé(e) dans le noir, tu appelais ta mère jusqu’à ce qu’elle vienne remettre la veilleuse. Face à la sorcière de Blanche Neige, à Disneyland, tu avais le droit de te mettre à pleurer en disant à ton père qu’ « elle est moche, la Madame ! » (ça marchait d’ailleurs aussi avec la boulangère qui, pour ma défense, avait l’œil torve et une moustache à faire pâlir un hipster). Personne ne te disait alors « Mais enfin, cesse de juger les gens sur leur physique, tu ne sais donc pas que c’est la beauté intérieure qui compte ! ». Non : au contraire, c’était presque la sorcière qui s’excusait de sa sale tronche.

Aujourd’hui, j’ai le droit d’avoir peur des paons, mais pas de le montrer devant Simon, faute de lui transmettre ma phobie (et c’est bien mon intention, plus nous serons nombreux, plus nous pèserons dans le débat – « Les paons, c’est tabou, on en viendra tous à bout » – rire machiavélique !). Les peurs, c’est un truc qu’on garde au fond de soi, et contre lesquelles on a éventuellement le droit de se débattre le soir, dans son lit, quand elles s’intercalent entre deux rêves de romance avec Di Caprio.

Autre chose encore : imagine un peu la tête de ton boss si, après qu’il ait balayé le dossier sur lequel tu bosses depuis des semaines d’un revers de main, tu te mettais à crier, à te taper et à te rouler sur la moquette vert moche de son bureau. Improbable, non ? Pourtant, c’est la crise que m’a fait mon fils pas plus tard qu’hier quand j’ai stoppé net son projet de dessiner sur le chat.

Des fois, souvent, je rêve de retourner à cette époque bénie où je pouvais sauter dans les flaques sans craindre de choper le rhume, me gaver de chocolat sans culpabiliser derrière ou barboter des heures dans mon bain sans penser développement durable. Si j’étais encore enfant, là, maintenant, tout de suite, je me jetterais sur mon calendrier de l’Avent et je dévorerais tous les Ritter Sport qu’il contient. Puis, j’éteindrais mon PC, et je demanderais à ma mère de m’emmener voir les vitrines de Noël. En rentrant, je chahuterais avec mon père, je lui grifferais le nez, les joues de mes petites mains et au lieu de râler que je lui fais mal, il rigolerait, trop content de profiter d’un  moment privilégié avec moi. Je refuserais de manger ma soupe de poireaux, parce que c’est pas bon, et tant pis si c’est sain. Je regarderais Pocahontas chanter à sa potesse l’arbre plutôt que Manuel Valls annoncer son secret de polichinelle, puis j’irais me coucher dans mon lit douillet, mon Doudou serré contre moi, sans penser au repassage que je n’ai pas fait, au repas du réveillon qu’il faut planifier et à la réunion de demain qui va sûrement mal se passer.

Si j’étais encore enfant, certes, je ne pourrais pas boire de Merlot ou porter de talons hauts. Je n’aurais pas de maison à moi, pas d’Iphone et pas de cocktail favori. Je ne pourrais pas mettre de rouge à lèvres, et pas regarder de film d’horreur. D’un autre côté, je n’aurais pas de fuite d’eau au plafond, pas de périnée relâché qui me trahit parfois pendant la zumba (#instantglamour) et pas de pare-brise à changer parce que l’impact est plus gros qu’une pièce de deux euros (décidément, tout dans ma vie est affaire d’étanchéité, en ce moment !)

En cette période de fêtes qui s’annonce, je rêve de plus en plus souvent de revenir au temps où ma plus grosse interrogation, c’était de savoir si j’allais ENFIN avoir le Burger de Play-Doh cette année sous le sapin (spoiler alert : 31 Noels, et toujours RIEN !)  

Quand on est petit, on rêve toujours d’être plus grand. Pourtant, si on savait quel trésor représente l’innocence, on s’y accrocherait comme Larusso à son disque de platine.

Je ne suis pas nostalgique de mon enfance, en particulier. J’ai eu une famille aimante, mais aussi beaucoup de hauts et de bas à d’autres niveaux qui font que la moi petite fille n’était pas la plus heureuse de la planète. Par contre, je suis nostalgique de mon regard d’enfant qui faisait, qu’à l’époque, je ne me rendais pas vraiment compte.

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