CE QUE J’AVAIS DIT QUE JE FERAI… ET CE QUE J’AI FAIT (PARTIE 2)

Tu ne rêves pas. Après des semaines et des semaines d’attente, le voilà enfin : le tome 2 de mon article sur les promesses que je m’étais faites jadis, naguère et tantôt, lorsque je n’étais encore que l’éléphante en gestation sur mon canapé (si t’as loupé le premier épisode, c’est par ici que ça se passe. Fais moi juste plaisir, et saute le passage où je dis que je publierai très vite le tome 2).

Cela dit, notons que les choses ont toujours meilleure saveur quand on met du temps à les obtenir. C’est d’ailleurs sur ce précepte que je base toute ma relation future avec Robbie Williams, qui, je le sais, finira par me trouver et accepter un honnête ménage à trois avec Schatzi. 

J’avais promis…de relativiser l’importance de mon job dans ma vie

Hum, hum… Comment dire… On ne peut pas dire que cela soit une grande réussite, cette affaire. Certes, j’ai pris du champ quant à mes velléités carriéristes. Certes, cela ne me fait plus franchement rêver de devenir chef de service et de sacrifier ma vie privée contre un Iphone de fonction. Certes, les nombreuses absences de Schatzi font que je suis quand même toujours obligée de partir à l’heure. Pourtant, combien de fois cette année ai-je couché Simon plus tôt pour pouvoir me reconnecter à mon PC ? Combien de fois ai-je demandé à ma mère, ma belle-mère ou ma belle-soeur de prendre le relais pour pouvoir finir un truc urgent ou partir en déplacement ? Comment de fois ai-je pensé boulot pendant que je jouais aux Duplo ou que je lisais pour la cinquante-millième fois « Le tracteur de Peter » ? Cette année, plus que n’importe quelle autre, je me suis investie dans mon travail, souvent malheureusement au détriment du bien-être de mon Loulou.

Taux de promesse tenue : 20%, et un carton rouge pour moi

J’avais promis…de le laisser pleurer un peu avant de me précipiter

Sur le papier, cela semble simple et, en plus, c’est ce que nous serinent nos aînés à longueur de grossesse : « Un enfant, ça a besoin de savoir s’endormir seul », « Toi, je te laissais pleurer et t’en es pas morte », « Laisse-le, c’est un caprice ! » et autres lieux communs aussi insupportables à entendre que discutables.

La réalité, c’est que quand je suis devenue Maman, il m’est devenue impossible d’écouter Simon pleurer sans aller le voir, le rassurer, l’apaiser. J’ai compris dès que je me suis retrouvée pour la première fois face à lui qu’un être aussi minuscule, aussi fragile, aussi dépendant de toi ne pouvait physiologiquement pas se dire « Tiens, si je la faisais chier, la daronne, en braillant un bon coup ? ». Si un bébé pleure, c’est pas par esprit de contradiction, mais juste pour exprimer un besoin sur lequel il ne sait pas poser de mots. Le laisser pleurer, c’est comme ne pas écouter quelqu’un parler.

Aujourd’hui encore, il faut vraiment que je sois face à un caprice (parce qu’à 22 mois, là, ok, je veux bien croire que cela en soit un) pour que je laisse Simon à ses pleurs.

Que ce chagrin soit lié à un sommeil qui ne vient pas, un repas pas à son goût ou un jouet récalcitrant (il est actuellement souvent aux prises avec une sale petite voiture Ikea qui n’en fait rien qu’à sa tête et refuse de se laisser monter et démonter #pascommerihanna), j’essaie toujours de calmer ses pleurs, que cela soit par l’interrogation (Simon, le monde entier aime les pâtes au jambon, POURQUOI toi pas ?), la diversion (oh tiens, tu as vu cette autre voiture ? Elle est mieux et puis, tu sais, lapin, les Suédois, ils savent pas faire de bagnole !) ou, si les raisons du pleurs sont justifiées, par un gros câlin.

Taux de promesse tenue : 0%… et j’en suis bougrement fière

J’avais promis…de l’emmener partout avec nous

Dans l’absolu, promesse tenue, dans le sens où, sauf maladie, je ne crois pas avoir déjà annulé un dîner ou décliné une invitation par la faute de Simon. Après, je nuancerai en disant que parfois, nous avons quand même trouvé une solution de garde pour lui, par exemple quand on savait que les conditions pour le faire dormir ne seraient pas idéales ou que, soyons honnêtes, on avait envie de boire un petit coup de trop !

Ce qui est clair en revanche, c’est qu’il y a des lieux qu’on ne fréquente plus depuis qu’on a Simon : les restos branchouilles sans chaise haute, les cinémas et les théâtres, les bars bondés, les caves à vin… Je dirais qu’on a pas renoncé à sortir à cause de Simon ; on a juste adapté nos sorties.

Taux de promesse tenue : 80%

J’avais promis…de ne jamais acheter de bavoir en plastique

Promesse à la con, mais je trouvais ça moche et cheap, un peu comme les nappes en toile cirée avec des motifs de poteries et de fruits que nos Mamies avaient. Du coup, j’étais une ayatollah du joli bavoir en tissu brodé d’étoiles ou d’une phrase philosophique du style « Lundi, c’est purée de brocolis ! ». Jusqu’au jour où Simon a commencé à manger seul et que ma machine à laver n’a pas tardé à me menacer de burn-out. Là, j’ai capitulé.

Taux de promesse tenue : 0%

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J’avais promis de ne pas faire de différences entre Hugo et lui

Honnêtement, je suis pas du jour à me jeter des fleurs (mais si toi, tu veux le faire, je kiffe les pivoines !), mais je pense que je la tiens, cette promesse-là. Certes, dans mon coeur, les sentiments ne sont pas les mêmes, et c’est bien normal. Hugo, c’est le fils d’Olivier, pas le mien, tandis que Simon, on l’a fait à deux. Mais franchement, je crois que quelqu’un qui ne le saurait pas et me verrait m’occuper des deux ne le devinerait pas forcément.

J’essaie de prêter la même attention à Hugo qu’à son frère, je prends sa défense si c’est Simon qui se comporte mal (genre quand Hugo ne peut même TOUCHER un jouet de son frère sans que celui-ci ne grogne) et si l’un reçoit quelque chose, l’autre reçoit aussi.

Dans les placards, il y a les gâteaux préférés de Simon, et ceux d’Hugo.

Le samedi matin, c’est Peppa Pig ET Avengers (pas ensemble, hein. Quoi que ce serait drôle : « Peppa, mets ton armure laser, tu dois sauver le monde avec Iron Man et Captain America ! » « OK, mais d’abord, on va sauter dans les flaques de boue ! »).

Et il faut la même patience pour écouter sans s’endormir l’histoire de « Lucas qui a mis un coup de pied circulaire à Nathan, et même que la tête de Nathan, elle a failli tomber ! » (je serais la mère de Nathan, Lucas irait s’entraîner au double kick en maison de redressement, je te le dis moi !) que pour passer en revue encore (et encore, et encore) les différents types de tracteurs (Simon est très à cheval sur la différence entre un tracteur à botteleuse ronde et un tracteur à botteleuse carré).

Bref, je pense que quand Hugo est là, il est traité à égalité avec Simon et c’est normal.

Taux de promesse tenue : 100%

J’avais promis de lui donner le goût de la lecture

Là encore, je crois pouvoir dire que j’ai réussi mon pari. Simon a eu très tôt des livres d’éveil, et même si son passe-temps d’alors consistait surtout à les machouiller, il a eu dès le début le contact avec la lecture. Maintenant, il adore aller à la Médiathèque, où il choisit lui-même les livres que nous allons emprunter, et il n’aime rien plus que de s’installer dans son coin lecture (un matelas et des coussins à même le sol dans sa chambre) pour que je lui lise une histoire. Le top 3 actuel de notre critique littéraire des bacs à sable se compose de :

1) Papy Péchou, de Laurence Clauss-Bridel : l’histoire d’une belle relation entre un petit garçon et son papy marin.

2) Quand Papa n’est pas là, de Joris Chamblain : un livre qui m’a été conseillé par l’une d’entre vous quand Schatzi était souvent en déplacement, et qui m’a permis de mettre des mots sur quelque chose qui pesait au coeur de Simon.

3) Peppa fête Halloween, ouvrage collectif (genre ils te font croire qu’ils se sont mis à plusieurs pour écrire ça) : on ne pouvait pas passer à côté de la petite cochonne favorite de mon fils (celle des autres hommes étant Kendall Jenner). Là, on est mi-novembre, et elle fête encore Halloween, alors je sens qu’il est temps d’investir dans Peppa fête Noel fissa.

Un autre best-seller chez mon fils, c’est le « Catalogue des véhicules », un livre emprunté à la Médiathèque et que je n’ose pas rendre tellement il l’adore. Paradoxalement, ce livre n’est pas loin de nous rendre dingues, Schatzi et moi, parce que c’est lui qui est à l’origine du côté plutôt pointilleux de Simon en matière de botteleuse (voir plus haut). Gare à nous si on confond par mégarde le car avec le bus ou la surfaceuse avec la finisseuse, on risque la crise d’autorité de notre mini-ministre des Transports.

Le pire, c’est qu’on lui a pris pour Noel, ce livre maudit ! On est maso.

Taux de promesse tenue : 100%

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J’avais promis de retrouver mon corps d’avant. 

Je crois que ça, c’est la promesse la plus hardos à tenir. Je voulais la tenir pour Schatzi, pour qu’il retrouve la femme qu’il avait choisie, et épousée.

Mais après la grossesse et l’accouchement, j’ai trouvé cela plus difficile que prévu de me réapproprier ce corps sous-loué pendant 9 mois à un petit habitant bordélique. Plusieurs semaines après, j’avais encore régulièrement l’impression que cela bougeait à l’intérieur de moi, et ma main avait le réflexe naturel de se poser sur mon ventre. J’ai eu du mal à supporter les suites de couche et surtout la cicatrice, au point de pleurer d’appréhension dans ma douche quand arrivait le moment de me laver à cet endroit. Je ne rentrais plus dans mes vêtements d’avant, mes seins me donnaient l’effet de deux ballons de baudruche dégonflés (pour la petite histoire, je suis passée du B au E pendant ma grossesse, tu visualises donc le résultat une fois que le E s’était refait la malle !). Je perdais mes cheveux par poignées, mes ongles cassaient et mon acné juvénile que je pensais pourtant avoir définitivement vaincu par K.O (et Roaccutane) revenait de plus belle. Ajoute à cela de jolies cernes violacées et un moral dans les chaussettes suite à la chute hormonale, et tu comprendras aisément qu’il me semblait ne plus rester grand chose de la pimpante nullipare que j’étais 9 mois plus tôt.

Petit à petit, j’ai repris possession de mon enveloppe corporelle. Mes hanches se sont resserrées, mes boutons ont disparu et je me suis habituée à la cicatrice. Dès que j’ai eu le feu vert de la kiné, j’ai repris le sport, tenté de transformer mon reste de peau en abdos, et de rehausser un peu les gants de toilette qui me servaient désormais de nibards.

J’ai eu la chance, et je la mesure, de retrouver mon poids d’avant grossesse, et un ventre à peu près plat. Pourtant, je ne sais pas, près de deux ans après, j’ai toujours ce sentiment d’être dans le corps d’une autre. Je dis souvent pour rire à Schatzi qu’il a été « trompé sur la marchandise », tant ce que je suis aujourd’hui sous la couche de vêtements me semble différent de ce que j’étais.

En surface, donc, promesse à peu près tenue. Mais mon rapport à mon corps, lui, a changé profondément, et force est de constater que cela m’éloigne de la femme que Schatzi avait choisie et épousée.

Taux de promesse tenue : 80% en théorie. En pratique, c’est plus compliqué que cela. 

Des promesses, on s’en fait toutes, à chaque étape de notre vie de Maman. Aujourd’hui encore, je ne cesse de me promettre des choses : de plus jouer avec Simon, de lui faire aimer les légumes, d’essayer de me rapprocher d’Hugo…

Dans les faits, si les promesses sont là pour être tenues, on sait bien que certaines sont simplement vaines. Je peux promettre à Simon de le protéger des horreurs de ce monde, je sais bien qu’en fait, je n’y parviendrai pas.

Je suis assez fière d’avoir réussi à me tenir à certaines choses, et aussi assez fière d’avoir su renoncer à d’autres en découvrant la réalité de la parentalité. Car on me l’avait promis : l’amour qu’on porte à son enfant est tel qu’on ne peut pas être mesuré tant qu’on ne l’a pas vécu. Et cette promesse là, franchement, elle s’est tenue à 300%.

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