QUAND UNE PORTE SE FERME, IL S’OUVRE UNE FENÊTRE…

Ce matin, comme tout le monde ou presque, je pense, je me suis réveillée avec une sacrée gueule de bois. Pendant la nuit, un vieil éléphant peroxydé est rentré dans le magasin de porcelaine et il a l’air bien décidé à tout péter de ses grosses pattes lourdingues et probablement striées d’auto-bronzant. Ils le disaient tous : c’était impossible. Pourtant, c’est arrivé. Certes, cela me laisse un espoir quant à l’invention un jour des Schoko-Bons sans calories. Mais dans le cas présent, ça fout surtout les boules. On aurait dû s’en douter, qu’il nous mettrait une carotte : il en avait déjà le teint.

En ce maussade matin de novembre, l’esprit tout embué qu’il était par l’image de la grande blonde passée en une nuit de milliardaire taré à nouveau maître du monde, je sors mettre un truc dans la voiture pendant que Simon finit son petit déjeuner. Je laisse la porte de la maison ouverte, je prends les clés avec moi, au cas où. Pourtant, je ne peux pas rentrer. La porte, probablement elle aussi tourneboulée par l’actualité, reste coincée. Moi dehors, Simon dedans.

S’ensuit alors une demie-heure de panique pour la Maman que je suis et qui vois son petit garçon en pleurs à l’intérieur, ne comprenant pas pourquoi Maman ne rentre pas le consoler, pourquoi elle le laisse tout seul et lui parle à travers la fenêtre, jusqu’à ce que mon voisin (que je vais proposer pour la prochaine promotion de la légion d’honneur) réussisse au prix d’intenses efforts à ouvrir cette satané porte aussi fermée que les idées de Mr. America en matière de droit des femmes. A priori, c’est une latte de parquet qui a bougé, et qui empêcherait la porte de s’ouvrir. Porte qui a pris un sérieux coup dans les gencives en passant, et que nous allons devoir envisager de changer plus vite que prévu. On est bien d’accord : si je dois me saigner à blanc pour une stupide porte d’entrée, cela ne remet pas en cause l’engagement que j’ai pris en matière du non-shopping, hein ?

Cette mésaventure résume bien ces quelques jours de vacances : des portes se ferment (celles de ma maison, de mon rêve américain ou de notre avion pour Malaga), d’autres s’ouvrent, et nos vacances manquées ont libéré la voie à un très bon week-end en famille, plein de petits riens qui font pourtant beaucoup de bien.

Samedi, une fois remis du choc de notre départ avorté vers le soleil andalou, on a décidé qu’on allait en profiter, de ces 4 jours off. Il se trouvait que la mère d’Hugo avait justement demandé la semaine d’avant si on pouvait échanger nos week-ends vu qu’elle bossait. On avait dit non, Malaga oblige, mais on a rappelé et du coup, on a eu Hugo un jour et une nuit à l’improviste. Simon a frôlé la crise d’hystérie en voyant débouler son frère, et il a d’ailleurs prononcé son prénom pour la toute première fois. Et comme tout nouveau mot appris, il l’a répété en boucle tout le week-end. Fatiguant, mais encourageant pour la suite de l’apprentissage du langage, d’autant qu’il a également dit « joli », « salut », « sept » et « huit » (ne me demande pas où sont passés les nombres d’avant).

Schatzi a décidé de reprendre les travaux dans la maison. On a été chercher du bois en Allemagne et il a pu terminer pour de bon la cuisine, notamment en posant le lambris au mur attenant au banc. J’adore le rendu final !

Pour ma part, j’ai décidé de compenser tous les tapas qu’on aura pas mangé en cuisinant, et je me suis lancée dans la réalisation de plusieurs recettes de mon magazine chéri, Vital Food, dont une courge butternut farcie à tomber par terre ! On s’est faits de bons repas, dont un apéro dînatoire gargantuesque (et bien arrosé) samedi soir, compensés par un bon jogging le lendemain pour moi. Comme c’est bon de renouer avec la course à pied !

Schatzi s’est acheté des fringues, moi, j’ai décoré la maison pour la période pré-avent (c’est ainsi que j’appellerai dorénavant ce mois de novembre qui commence vraiment à se la jouer très con depuis deux ans).

Je me suis promenée dans les hauteurs du village avec Simon, et assisté à la valse de ses passions successives pour les feuilles mortes, les bâtons, les pommes de pin et les cailloux pleins de terre qu’on met dans la bouche en loosdé quand Maman regarde pas.

On a écrit la lettre au père Noel, et par « écrit » j’entends qu’on a découpé un trilliard de tracteurs dans des catalogues de jouets, que Simon a dessiné des quantités impressionnantes de ce que lui appelle « soleil » et que je qualifierai plutôt de « gros rond tournicotant » et que Maman s’est fendue d’un petit mot au vieux barbu pour lui dire de pas oublier d’apporter des tracteurs, des tracteurs, et, ah oui aussi, des tracteurs. A bon entendeur…

J’ai reçu mon super sweat-shirt Odette et Lulu « Simple et Funky » (Alliance Ethnik represents !) et j’ai décidé de porter en son honneur et pour la toute première fois de ma vie du rouge à lèvres rouge. Verdict : il va me falloir un peu de temps pour assumer le port en public, mais je trouve que je ressemble moins à un clown qu’avant avec les lèvres carmin.

Schatzi et moi, on est tombés sur American Pie 2 sur RTL9. Je vais t’avouer un truc : c’est un de mes films préférés. Oui, vas-y, conspue moi, toi le cinéphile, mais ce film, c’est toute ma jeunesse ! On le regardait en boucle avec mes copains du lycée et encore aujourd’hui, je connais la plupart des répliques (un peu lourdes, faut l’admettre, mais je ne suis pas femme à refuser de temps à autre l’once de vulgarité) par coeur. On a passé un bon moment canapé tous les deux, lovés l’un contre l’autre, et ça, c’est ce qui m’a manqué ces deux derniers mois.

On a été au resto avec Simon (à la Corde à Linge pour les Strasbourgeois), et il nous a fait tellement rire, lui l’alsacien de base capable de se taper deux knacks de 20 cm du haut de ses 22 mois : décidément, la cigogne s’est pas trompée de région en le livrant, celui-là !

Une foule de petits rien, en somme, mais qui nous ont fait énormément de bien. On en avait tellement besoin après cette période de déplacements, d’heures supplémentaires et de séparations. Le bonheur se niche souvent dans peu de choses… Et là, la porte refermée sur nos envies hispaniques, on a ouvert la fenêtre en grand, et on a profité de l’air pur de la famille réunie.

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