MOI VERSION MAMAN

Bon, pour la énième fois depuis que j'ai commencé ce blog, je dois m'excuser de ne pas être plus assidue. Les semaines passent vite, le boulot et la gestion de la vie familiale prend le dessus et je délaisse mon clavier au profit d'un catalogue à traduire ou d'une pile de fringues qui crie "repasse moi !". Là, je m'apprête à partir six jours en déplacement mercredi. La bonne nouvelle, c'est que j'y rejoindrai Schatzi. La mauvaise, c'est que comme ton esprit perspicace aura pu le notifier, Maman partie + Papa parti = Simon tout seul (enfin, Simon avec Mamie quoi, car qu'on a beau être des parents indignes tout le temps barrés, pas au point de laisser notre loulou de 20 mois se cuisiner tout seul ses coquillettes au jambon).

Je vais pas te la jouer encore une fois "je suis une working mum débordée qui en plus est mariée à un working dad débordé" et je vais plutôt te parler d'un truc dont je me suis rendue compte récemment : être Maman (ou Papa, d'ailleurs), ça te change. Et là, tu te dis "oh, merci du constat, Capitaine Obvious". Mais au delà des choses évidentes, comme le fait que ta maison a été redécorée par King Jouet et que tu peux prédire le temps du lendemain à la seule force de ton entrejambe (quoi, je suis la seule à avoir une cicatrice d'épisio sensible aux changements de température ?), il y a plein de petits trucs qui émaillent ton quotidien, des micro-évènements, des détails qui te rappelent qu'elle est désormais loin, la fille tombée dans son flacon d'Angel de Mugler qui, tous les samedis soirs, dansait sur "Shut up" en se prenant pour Fergie dans une boite enfumée (eh ouais, je suis vieille au point d'avoir connu l'époque où on fumait en boite – et celle d'après, où l'odeur de transpiration a remplacé celle de la clope).

Je suis confuse, hein ? Faut pas m'en vouloir, je suis crevée, il est 22h34 quand même. Voilà, tu vois, ça, c'est une phrase que la moi-Fergie de 2004 n'aurait jamais prononcé. 22h34, pour elle, c'était l'heure de l'apéro. Mais pour la moi-Mommy de 2016, c'est déjà un after. 

Au quotidien, j'ai trop souvent des bugs sur des choses que je fais ou je dis et dont je me dis que c'est tellement…ben, tellement "maman" en fait. Par exemple :

– Il m'arrive régulièrement (et même plus encore) de passer ma journée de bureau en ayant dans la tête le générique de Tchoupi et Doudou la mélodie de Gaston, le roi du béton (la Tut Tut Bolide, hein, pas le routier fan de Johnny qui habite en face de chez moi !)

– J'ai depuis longtemps admis comme normal le fait de prendre ma douche la porte ouverte ou de faire pipi (et plus si affinités) devant mon gamin (je vous rassure quand même, je ferai pas ça jusqu'à ses 18 ans, mais j'espère que de son côté, d'ici là, il ne pleurera plus devant la porte quand j'irai satisfaire mes besoins naturels).

– Je me dis chaque jour qu'avoir acheté un tapis blanc immaculé pour mettre sous la table du salon, c'était plus risqué que de tenter l'ascension de la Tour Eiffel par la face nord en talons de 12 et avec Guy Carlier sur les épaules.

– Je fais des gâteaux. Presque tous les week-ends. Des vrais gâteaux, hein, pas des Ancel.

– Le fait que Simon ait quasiment dit "cheval" cet après-midi ou bien qu'il ait mangé des betteraves hier soir me semblent être des informations dignes d'une breaking news sur BFM (mon frère y bosse, ya peut être moyen de moyenner).

– J'ai SERIEUSEMENT envisagé de mettre des bons d'achat Tape à l'oeil sur ma Wish-list d'anniversaire.

– Quand j'appelle pour réserver un resto, je demande au téléphone s'ils ont une chaise haute. Et un "non" peut être une raison de blacklistage du dit-resto.

– Quand je croise un tracteur, je dis "oh, un tracteur": Oui, même si je suis seule.

– Je parle de moi à la troisième personne : "Donne la cuillère à Maman", "Si tu éclabousses, Maman te sort du bain". Call me Alain Delon. 

– Je n'ai pas été spécialement étonnée, ni dégoutée, lorsque j'ai retrouvé un morceau de pain machouillé dans mon sac l'autre jour.

– Ni surprise d'y retrouver Gaston, le roi du béton, une autre fois au bureau.

– Avant, je faisais les brocantes pour trouver du Maje ou du Sandro en main. Maintenant, je chine du Petit Bateau.

– J'ai hâte, POUR DE VRAI, que Simon soit suffisamment grand pour qu'on puisse aller voir "Peppa pig on ice" ou "Oui-Oui en tournée dans tous les Zéniths de France".

– Pire que le clown dans "ça". Pire que l'histoire de la femme qui a trouvé un boa constructeur dans ses toilettes. Pire qu'une émission présentée par Enora Malagré : une tétine portée disparue à trois heures du matin. Que celle qui n'a jamais tatonné dans le noir à quatre pattes à la recherche de la tut perdue me jette la première pierre.

Bref, je suis Maman, et même si, comme je le dis souvent, je ne suis pas que ça, il faut quand même admettre que je ne suis plus la même qu'avant. Mes priorités, mes peurs, mes joies et mes peines ont changé. Et même si je préférerais quand même avoir le dernier Imani dans la tête plutôt que "Savez-vous planter les choux ?", je ne regrette pas vraiment ma congénère angelisée (et soyons honnêtes, un peu alcoolisée aussi) d'il y a dix ans. 

Bon…je regrette quand même sa poitrine ferme et ses non-pattes d'oie au coin des yeux. 

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