IMPUISSANCE

Vu que je le vois déjà paniquer devant ce titre portant potentiellement atteinte à ses attributs virils, je rassure tout de suite mon Schatzi : cet article n’a rien à voir avec toi.

Enfin si, en fait, parce qu’impuissant, tu l’es tout autant que moi face à la situation que nous traversons actuellement avec Simon.

Impuissants, nous le sommes vis-à-vis de ces réveils hystériques qui nous tirent du sommeil à intervalles réguliers et que nous mettons 10, 15, 20 minutes à calmer, un bébé hurlant à la mort dans les bras, ses grosses larmes chaudes inondant notre torse, ses cheveux trempés de sueur collant aux nôtres…Canicule, terreur nocturne, peur de l’abandon motivée par nos récents déplacements, on ne trouve pas la cause, et donc on ne trouve rien qui le calme jusqu’à ce que, terrassé par ce trop-plein d’émotions, il tombe dans le giron de Morphée, les yeux humides, le corps encore secoué par des spasmes de panique. Jusqu’à la prochaine crise.

Impuissants, nous le sommes face à cette frustration qu’il exprime de plus en plus souvent, de plus en plus violemment, à coups de tapes, de morsures, de cris qui nous ulcèrent, nous exaspèrent, nous blessent aussi parce qu’on avait jusqu’il y a peu un enfant docile et aimant. Où est-il, notre tout petit bébé, derrière ce monstre en couche-culottes capable de begner sa mère pour l’avoir empêché de se coincer les doigts dans la porte ?

Impuissants, nous le sommes face à ce refus catégorique de prononcer le moindre mot ayant un sens (je t’en parlais ici, souviens-toi) qui bloque la communication, favorise les frustrations et commence à très sérieusement nous inquiéter. Que répondre à son enfant quand il te montre pour la cinquantième fois la même chose, en ponctuant cela par un « Hun hun » qui veut absolument tout et rien dire sans sa langue ? Comment ne pas avoir le coeur qui se sert quand il te fixe, te répêtant inlassablement la même « phrase » incompréhensible sans que tu sois capable d’y déceler l’once d’un sens ?

Impuissants, nous le sommes face à ce travail qui nous demande toujours plus, nous oblige à partir, à faire des heures, à la chahuter de Nounou en Mamie, de Oma en Marraine, et à ces week-ends que nous voulons toujours plein de promesses mais qui s’avèrent le plus souvent riche en cris et en pleurs de part et d’autre, comme si le fait de nous aimer à ce point et de nous voir si peu générait en nous une telle pression que nous ne parvenons pas à la gérer et gâchons donc immanquablement ces moments.

Il n’y a pas de petite pilule bleue miracle pour guérir cette impuissance-là. Il faudrait que je sois une autre, une de ces Mamans de rêve qui règlent tout par l’écoute, la parole et la bienveillance, une de ces Mamans à la patience illimitée, qui lisent des livres à leurs enfants, leur font faire des activités manuelles et cuisinent des Rainbow cakes pour le goûter du dimanche. Il faudrait que Schatzi ait un travail qui ne l’arrache pas à nous quatre mois par an.

Il faudrait du temps, et c’est précisément ce qui nous manque. 

Il faudrait des mots, mais ils ne sortent pas. 

Mon homme et moi, on est impuissants et, chaque jour, ça nous bouffe davantage.

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