CE QUE J’AVAIS DIT QUE JE FERAI…ET CE QUE J’AI FAIT (EPISODE 1)

Avouons-le : toutes, à un moment donné de notre grossesse, avons prononcé l’une de ces phrases qui donnent envie à tout parent de s’arracher les conduits auditifs à la tenaille pour ne plus les entendre :

« Nous, on a décidé qu’on donnera pas de tétine »

« Nous, il ou elle dormira dans sa chambre dès le retour de la mat’. »

« Nous, on utilisera que des couches lavables. C’est mieux pour la planète. »

Chacun a ses opinions, et je pense que depuis le temps, tu as compris que ce n’est pas mon genre de juger, et que surtout je ne prétends pas que ma manière de faire soit parole d’évangile (au contraire, en fait. En fait, ne suis JAMAIS mes conseils !). Moi aussi, j’avais pas mal de principes et grandes idées, avant. Quand je devais passer mes journées en mode baleineau échoué devant W9, je me faisais des listes mentales des choses que je ferai et ne ferai pas une fois mon ventre redevenu plat (plat ! La bonne blague !). Maintenant que 19 mois ont passé et que j’ai bien été forcée de constater qu’entre théorie et pratique, il y avait un pont plus maouss que le viaduc de Millau, j’ai eu envie de faire un point sur tout ce que je m’étais promis de faire, et sur tout ce que j’ai réellement fait.

Je pense qu’à l’issue de cet article, je me paierai une petite walk of shame façon Cersei dans GOT (la nudité frontale en moins, je n’imposerais cette vision à personne) pour me punir d’être la mère parjure qui n’a pas tenu l’once d’une promesse faite à son choupi lorsqu’il barbottait encore entre la rate et le pancréas. Allez, zou, commençons !

NB: vu que, boostée par les hormones et la consultation compulsive de sites sur les bébés, j’ai beaucoup promis, je vais scinder cet article en deux parties. Aujourd’hui, le tome un, et, très vite, le tome deux.

J’avais promis…de faire dormir Bébé dans sa chambre dès le premier soir

Ah, ah, j’ai pas été le chercher bien loin, l’exemple cité plus haut. Coucou, c’est moi la mère qui te jugeait mentalement pour ta pratique occasionnelle du cododo et pensait que faire dormir un nourrisson d’une semaine dans sa propre chambre, c’était encore plus facile que Rihanna ! Pour moi, bébé dans la chambre signifiait avant tout perte d’intimité avec le Papa, et c’était la raison pour laquelle j’y étais farouchement opposée. Sauf que bon, en vrai, après une bonne petite épisiotomie et quatre tétées par nuit, l’idée d’une quelconque intimité avec ton mec te vend autant du rêve qu’un marathon en talons aiguilles dans le désert de Gobi.

Du coup, même si on a bel et bien fait dormir Simon seul dès la première nuit, c’était uniquement parce que le mur qui séparait nos deux chambres était en carton pâte et la distance les séparant de plus ou moins dix pas. Si on avait vécu à l’époque dans la maison où nous sommes maintenant, avec sa chambre à l’étage et la nôtre en bas, nul doute qu’on aurait vite capitulé et fait pêter le Cocoonababy au milieu du lit conjugal.

Taux de promesse tenue : 100% (grâce au placo-plâtre)

J’avais promis…de faire de la baby gym ou du baby yoga

Pendant quasiment toute ma grossesse (sauf la période de baleinage forcé des sept et huitième mois), j’ai fait du yoga prénatal et du body balance. Du coup, me croyant devenue soudain grande prétresse de la salutation au soleil, je m’étais mis dans le crâne que faire pratiquer le yoga à mon nouveau-né serait le moyen d’en faire un être humain pas stressé (= pas sa mère). Il s’avère qu’entre les deux mois pré-rééducation du périnée, la reprise du travail, les coliques, les dents et les déplacements incessants de Schatzi, on a légèrement zappé la case « guerrier numéro deux ». Quant à la baby gym, vu que les esprits éclairés qui font les plannings du gymnase municipal ont jugé bon de la programmer le jeudi de 10h à 12h, autant te dire que c’est pas demain la veille qu’on ira faire des roulades sur un tapis, Simon et moi.

Tout n’est pas perdu cependant, parce qu’après avoir vu Simon il y a quelques jours effectuer à la perfection une posture du cobra sous la table basse du salon, je me suis convaincue qu’il serait dommage, criminel même, de ne pas exploiter son potentiel évident de futur maître yogi, et me suis dépêchée d’acheter à la Fnac une méthode de yoga pour les 2 à 5 ans. Tu verras, dans quelques mois, tu nous verras Simon et moi sur Instagram, en chien tête en bas dans des tenues coordonnées. Ou bien tu verras mamandesmerveilles67 vendre une méthode de yoga pour les 2 à 5 ans sur Price Minister.

Taux de promesse tenue : 0%…mais ça peut changer !

J’avais promis…de le laisser régulièrement à d’autres gens

Pari tenu ! La première fois, il avait trois semaines, et je l’ai laissé deux heures le temps d’aller à la CAF. Ok, c’était parce qu’on était en février, que la CAF est toujours noire de monde et que j’avais peur pour son intégrité immunitaire (quand t’es maman d’un nourrisson de trois semaines, la perspective d’un simple rhume peut te refiler des cauchemars pire que ceux que tu as fait après avoir vu « Ca (il est revenu) » en quatrième). La seconde fois, il avait un mois tout pile, c’était la veille de la Saint Valentin et Schatzi et moi l’avons laissé pour aller voir « 50 shades of Grey » au cinéma. Outre le fait c’était une bouse, je n’ai jamais eu autant envie de quitter une salle en plein milieu du film. Pourtant, tout s’est bien passé, il a dormi, bu, roté (on oublie vite comment ça nous semblait primordial comme étape, à l’époque) et a eu l’air de s’en tamponner carrément le coquillard que sa mère lui ait fait l’affront de l’abandonner trois heures pour aller s’encanailler devant du BDSM. Le premier dodo loin de nous, je m’en souviens même plus, preuve que la confiance dans le fait de le laisser devait s’être installée. Depuis, il dort régulièrement chez ses grands-parents ou sa marraine, et a déjà été gardé par pas mal de monde. Je pense d’ailleurs que cela a beaucoup aidé à faire de lui un être affectueux et ouvert comme il l’est : il n’a pas peur d’aller vers les gens et s’attache très facilement. Et même si maintenant il me faut négocier mes sorties avec un peu plus de discrétion pour qu’il ne remarque pas que je m’en vais, je n’ai encore jamais eu le cas où, en le récupérant, on m’ait dit que cela s’était mal passé.

Taux de promesse tenue : 100%

J’avais promis…de faire moi-même compotes et purées

Dès que l’heure de la diversification a sonné, le Baby cook s’est mis à tourner à plein régime chez nous : carottes-coriandre, courgettes-kiri, haricots-jambon… J’ai cuisiné pour mon fils et j’ai adoré ça, au moins que, maintenant qu’il mange comme nous, j’ai la nostalgie des dimanches « épluche-coupe-chauffe-mixe » ! Par contre, j’ai tout donné sur le volet légume et complètement laissé de côté les fruits, par manque de temps et parce qu’autant je trouve qu’une compote Blédina, ça reste mangeable, autant un petit pot de carotte industriel, c’est l’une des choses les plus ignobles que j’ai goutées dans ma vie.

Taux de promesse tenue : 50%… Je me rattraperai pour le deuxième…si deuxième il y a ! (je précise parce que je connais mes copines et que c’est sûr à 10000%, l’un d’entre elles va m’envoyer un texto à peine cette dernière phrase lue pour me demander si j’ai quelque chose à annoncer.

J’avais promis…de ne pas faire de cododo

Comme je le disais plus haut, Simon a toujours dormi dans sa chambre. Par contre, de manière occasionnelle, il lui est arrivé de dormir avec nous. Jamais deux soirs de suite, et jamais de manière préméditée. Non, c’était toujours plutôt au terme de X milliards de réveils nocturnes liés à une dent qui perce, une terreur soudaine ou un nez bouché. Allez savoir pourquoi, c’est le genre de trucs qui passaient instanténament sitôt qu’il se retrouvait à mettre des coups dans le nez de Papa et à piquer l’oreiller de Maman. Nous, on dormait alors pas forcément mieux mais au moins, on était au chaud sous notre couette et on avait la certitude d’y rester jusqu’à sa prochaine petite fringale. Par contre, ce qu’on fait toujours maintenant, c’est le recoucher avec nous le week-end après le bibi du matin. Parce que eh, entre nous : y-a-t-il quelque chose de mieux au monde que d’entendre la respiration paisible de son enfant, de respirer sa odeur de bébé (si tant est qu’il n’ait préalablement pas mangé de brocolis) et de sentir la chaleur de son petit corps près de soi ?

Taux de promesse tenue : 80%.

J’avais promis…de le mettre en crèche

On était team-crèche à donf et on avait visité LA crèche de nos rêves : totalement bilingue, pro-motricité libre, cuisine bio, équipement +++, le tout à deux pas du boulot. Il y avait même, tiens toi bien, une piscine pour bébés ! Perso, s’il avait eu une place pour moi, j’étais prête à tout plaquer pour repasser au régime petits pots-sieste. Et puis, drame, la crèche de nos rêves nous a rejeté. Forcément, quand tu cherches un mode de garde à partir de mars, on peut pas dire que les places libres soient légion.

Du coup, on a cherché une assistante maternelle, et on en a trouvé une qui nous semblait bien tout près de chez nous. C’est ainsi que Simon a commencé à aller chez Tatie Mélanie en mars 2015. Sauf que, coup de théâtre, un mois plus tard, on reçoit un courrier de la crèche qui nous annonce qu’une place est libre pour nous à la rentrée ! On pèse le pour et le contre, on analyse, et on se résoud à suivre notre projet initial et à prendre la place. Tremblotants, on annonce la nouvelle à Mélanie, qui prend bien la chose et accepte de continuer à s’occuper de Simon en attendant.

On se rend à la crèche pour finaliser l’inscription, et j’explique à la directrice qu’il nous faudra un contrat sur 4 jours sur 2015, avant de repasser à 5 en 2016, une fois mon 80% terminé. Et là, Cruella d’enfer nous sort que ça ne marche pas comme ça, que c’était 100% ou rien, parce que « Monsieur, Madame, comprenez qu’ici, c’est comme un supermarché, les rayons doivent toujours être pleins ». Autant te dire qu’on s’est levés et qu’on est partis, non sans lui avoir préalablement jeté son formulaire d’inscription à la tête. On a rappelé Mélanie la queue entre les jambes, qui a aussitôt accepté de continuer à garder Simon.

Maintenant, cela fait 17 mois que Simon va chez sa Tatie. ll irradie de bonheur chaque matin quand il la voit, joue les protecteurs avec les plus petits que lui et imite les plus grands. Il a trouvé deux grandes soeurs de substitution en la personne des filles de Mélanie et je sais qu’il a sa place au sein d’une vraie tribu, à en juger par les photos de goûters d’anniversaire que nous recevons quand l’un d’eux souffle une bougie de plus. Ce n’est pas la collectivité comme je l’avais imaginé mais savoir que je laisse chaque jour mon fils à quelqu’un qui le voit comme un être humain plutôt que comme un paquet de pâtes, ça vaut toutes les piscines pour bébés du monde.

Taux de promesse tenue : 0% mais je pense que j’ai bien fait, non ?

J’avais promis…de ne pas acheter trop de vêtements sachant qu’il changerait vite de taille

Non mais sérieux, même toi, je suis sûre que tu savais que je la tiendrai pas, celle là !

Taux de promesse tenue : 0%. Le taux de mes agiots, en revanche, il est plutôt haut !

La suite au prochain numéro ! En attendant, toi, tu en as fait des promesses foireuses (ou pas) que tu as tenues (ou pas) ?

PS : Simon ayant décidé de venir squatter mes genoux pendant que j’écrivais, je poste vite fait et ne relis pas. Pardonne moi les fautes, la prochaine fois j’en ferai moins…Promis 😉

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