EST-CE QUE C’EST MAL ?

Dimanche après-midi, après un week-end chez mes parents, je vais prendre la route pour rentrer sur Strasbourg. Seule.

Pas de Schatzi, parti à Düsseldorf pour – et attention, je vais te vendre du rêve – le salon annuel du Camping-car et de la Caravane (ça y est, tu as découvert notre noir secret à tous les deux, c’est un peu de notre faute si t’es coincé six plombes sur la voie de gauche derrière une caravane qui arrive pas à doubler).

Pas de Simon non plus, puisque Monsieur le vacancier de l’éternel reste en pension trois jours chez Papy et Mamie. Eh oui, hello c’est moi, la mère indigne capable d’abandonner sa progéniture des jours durant pour aller mener la grande vie en solo.

Qu’on resitue un peu le concept de « grande vie » :

Pour moi, « grande vie » rime avec yacht, Louboutins et « Chéri, si on prenait le jet pour aller revoir Britney à Vegas ce week-end ? » (encore ? Mais ça fait 20 fois !).

Pas me lever encore plus tôt que d’habitude pour venir et rester plus tard au boulot pour « profiter » (ironie x 10 000) de ma liberté en termes d’horaires.

Pas non plus me coucher chaque soir dans un grand lit froid et exempt de tout Schatzi en pleurnichant sur le fait que mon fils me manque et que c’est sûr, on est séparés depuis si longtemps qu’il aura oublié jusqu’à mon visage quand il reviendra (exagération x 100 000).

Et surtout, surtout pas avancer un maximum sur les tâches ménagères type ménage, repassage ou préparation de plats à congeler pour pouvoir profiter (sans ironie cette fois) du retour de Simon mercredi soir avant mon départ en déplacement jeudi à 7h du matin (frustration x 1 000 000).

Donc voilà, je vais repartir sans Simon, le voir brièvement l’espace d’une soirée avant de repartir deux jours et de rentrer ENFIN, accompagnée en prime du père de l’animal, puisque je le rejoins sur place au fameux salon du Camping-car et de la Caravane (problème du grand lit froid : checked !).

Pourtant, une part de moi ne peut pas s’empêcher de se réjouir de ces trois jours de liberté.

Certes, je déteste que Schatzi parte en déplacement (ce qu’il fait souvent. Tout le temps en fait).

Certes, je suis la Maman Poule incapable de se séparer de son fils sans éprouver un énorme manque couplé à une sensation de culpabilité pire que si j’avais déclenché la 3ème guerre mondiale par le truchment de l’inadvertance (erreur de pilotage du jet, je me crashe sur le Groenland qui croit à l’attaque terroriste, déclare la guerre à la France, et bim, c’est comme ça que ça part en sucette):

Certes, j’ai prévu de passer majoritairement mon temps à bosser.

Mais d’un autre côté, je me dis que je vais pouvoir faire des choses que je ne m’autorise pas quand j’ai un mari qui m’attend / un enfant qui compte sur moi / une maison à gérer / une carrière à ne pas envoyer dans le mur (ne PAS rayer la mention inutile). Je parle pas de claquer le CEL chez Zara ou de partir vivre sur une plage avec Justine Timberlake (qui aurait quitté Jessica Biel pour moi parce qu’elle est quand même pas exceptionnelle, entre nous, et qu’elle a joué dans une série méga naze).

Non, je parle plutôt de petits trucs qui doivent bien faire rigoler les célibataires qui me lisent (si, si, il y en a qui viennent ici pour mon humour flamboyant plutôt que pour ma recette de la maternité épanouie. En fait, je pense que PERSONNE ne vient ici pour ma recette de la maternité épanouie. A la rigueur pour celle du mojito framboise. Tu fais un mojito et tu mets des framboises. Oublie pas la paille. Rose, de préférence).

Parmi mes ridicules petites envies pour ces trois jours, il y a :

– Prendre une longue douche après la zumba lundi, et pas la douche éclair que je prends habituellement pour rentrer le plus tôt possible retrouver mes hommes.

– Aller me faire épiler (et là tu te dis « cette femme est folle »). Et ne pas partir à peine la dernière bande tirée pour enchaîner sur les courses.

– Flâner dans les allées du gigamarché près de chez moi et m’acheter des petits trucs à grignoter devant Big Bang Theory le soir même (on a les chaînes allemandes et il y a TOUJOURS Big Bang Theory quelque part).

– Aller manger des sushis avec ma copine Nath et ne pas avoir d’abord à appeler le resto pour savoir s’ils ont une chaise haute, si c’est accessible en poussette ou s’ils ont un menu enfant.

– Essayer de caser mon premier entraînement en vue de la Strasbourgeoise, un 5km auquel je me suis inscrite en octobre. Parce qu’avant, je courais des 10. Mais ça, c’était avant.

– Prendre un long bain en écoutant du RNB 90’s et en chantant (faux) sur Brandy et Monica.

– Écrire, pour ce blog, pour moi aussi, les choses que je ne vous dis pas ici (parce que c’est ennuyeux, hein, pas parce que je vous cache des choses).

– Aller aux toilettes sans personne devant la porte qui frise la crise d’hystérie (t’as peur de quoi, Lapin, en vrai ? Que je m’échappe par le trou ?).

– Danser, peut-être. Non, danser sûrement. Et pas sur des choses avouables (oui, je pense à la BO de Dirty Dancing. Oui, je vais tenter le porté. Oui, seule).

Bref, y’a rien de folichon, et je me connais, mardi, je serai déjà en mode « Je hais les déplacements, chéri, démissionne et gagne au loto, bordel ! » (pas forcément dans ce sens, qui me semble un tantinet risqué quand même).

Je me serai déjà auto-flagellée une bonne cinquantaine de fois parce que Mamie m’aura raconté que Simon s’est réveillé de sa sieste en pleurs et que j’aurai pris ça pour un signe de dépression liée à la séparation d’avec sa mère (alors qu’en fait, sa couche était juste pleine).

J’aurai avalé trois Surimis trempés dans du fromage blanc bidon parce que la mayo c’est trop gras, pris un bain tiède de 10 min parce que je maîtrise pas encore bien le thermostat de ma baignoire, et regardé Big Bang Theory en me demandant sans arrêt si je comprends parce que je suis bilingue ou parce que je connais trop bien les épisodes en français (oui, je suis le genre de meuf qui se demande ça. Le mot que tu cherches est « pathétique »). 

Est-ce que c’est mal, quand on est Maman, de se réjouir, secrètement de trois jours de liberté par an ? 

Est-ce que c’est mal, quand on est mariée, d’être un tout petit peu contente d’avoir le lit pour soi toute seule ?

Est-ce que c’est mal, quand on est femme, de s’en vouloir d’apprécier de temps à autre un peu de solitude ?

Je sais pas si c’est mal, mais je sens que ces trois jours, ils vont me faire du bien.

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