LE TEMPS, PASSE, PASSE, PASSE,…

Si tu as mon âge, ou peu ou prou, tu as forcément reconnu la célèbre chanson des Neg Marrons qui résonnait en boucle sur les ondes au tout début des 2000’s.

A l’époque, l’album « Le Bilan », sa chanson éponyme, mais aussi tous les autres titres de l’album, c’était un peu la bande-son de notre vie, à mes copains et moi. Dans le casque de notre Walkman, le lecteur CD de notre chaine Hi-fi, la radio grésillante qui nous accompagnait lors de nos longues après-midis passées à ne rien faire, à trainer chez les uns, chez les autres, à errer dans notre petit bourg de campagne sans que rien ni personne n’ait pour autant pu nous convaincre de la vacuité de notre existence d’alors… Nous nous sentions riches, nous, riches de notre amitié, de notre jeunesse, de notre insouciance, riche aussi de notre pseudo-rebellion qui se limitait pourtant à nous passer en douce des petits mots écrits à l’encre turquoise pendant les cours de français. 

« Quand je pense que je fête mes 30 ans aujourd’hui alors que j’avais dix-huit hier »…Ils étaient loin alors, nos dix-huit ans, nous en avions quinze à peine, quatorze même encore pour moi qui suis née en fin d’année. Alors les 30 ans, n’en parlons pas ! De la science-fiction, un truc aussi improbable qu’un putsch des caniches pour dominer le monde ou la rupture de Brad Pitt et Jennifer Aniston. Impensable, inimaginable ! 

Pourtant aujourd’hui, nous y sommes, à ces fameux trente ans, et même plus loin déjà (pour les autres puisque moi, je suis toujours et encore née en fin d’année…ce que, maintenant, je vois plutôt comme une chance, soit dit en passant). Nous avons tous eu 30 ans, le temps a passé, passé, passé et beaucoup de choses ont changé. 

De cette bande de l’époque, je n’ai plus de contact régulier qu’avec une seule personne, et une deuxième de manière très sporadique. Je sais grosso modo ce qu’ils sont devenus, et je peux te dire qu’aucun d’entre nous n’a « de l’or aux poignées » et de « lunettes Cartier ». 

Je ne peux pas me prononcer pour les autres, mais moi, ça me va plutôt bien d’avoir 30 ans. L’or que je n’ai pas aux poignées, je l’ai à l’annulaire gauche, serti de diamants et gravé d’un « O + M » qui me fait passer à tort pour une supportrice du Vélodrome.

Je l’ai aussi dans la blondeur des cheveux de mon fils. Avec lui, d’ailleurs, ça vaut mieux que mes lunettes soient des H&M plutôt que des Cartier, son grand jeu du moment étant de me les enlever en m’arrachant quelques touffes de cheveux au passage et de les tripoter avec ses doigts plein de je-ne-préfère-pas-savoir-quoi.  

J’ai un mari et un fils qui sont tout pour moi, une famille que j’adore, une maison qui me ressemble, un boulot qui me plait, parfois, m’en demande trop, souvent, me fatigue, tout le temps.

Je n’ai pas le corps dont je rêve, mais je suis consciente du fait qu’il peut faire rêver d’autres. Alors je l’accepte. 

Je n’ai pas de talent, je ne dessine pas, ne chante pas, je loupe tout ce que je tente niveau pâtisserie et je sais que jamais je ne vivrai de mon goût pour l’écriture. J’en ai pris mon parti. 

Je n’ai pas des centaines d’amis, pas de bande de copines à la « Sex and the city », pas de meilleure amie depuis la primaire qui connaît tout de moi et que je peux appeler à 3h du matin pour lui raconter l’horrible dispute que j’ai eue avec Schatzi à propos d’une bouteille de Coca mal rebouchée (et donc éventée. Je peux TUER pour ça. À mains nues). Moi j’ai des copines disséminées un peu partout, pas forcément copines entre elles, pas forcément toujours disponibles. Et ça me suffit. 

Je ne suis pas la plus belle ou la mieux habillée, je me sens toujours inférieure aux autres et je cultive avec brio l’art de l’éternelle insatisfaction. Je suis émotive, pleurnicheuse, envieuse parfois (souvent) et j’utilise l’humour comme mécanisme de défense (kikoo lol Chandler Bing). Mais je sais que j’ai forcément aussi des qualités, dont celle notamment de savoir m’entourer. Et ça me porte. 

Le temps passe, passe, passe, et je m’en passerai bien quand je me regarde sans maquillage le matin. Mais d’un autre côté, je crois que la fillette que j’étais et qui écoutait les Neg Marrons (parce que oui, moi de 14 ans et demi, à cet âge-là, on est encore une fillette !) serait plutôt fière de la femme que je suis devenue. En ce début de semaine, alors que je travaille un jour férié (Germany, you’re gonna kill me), que Schatzi reprend ses déplacements à partir de jeudi et que je tente tant bien que mal de digérer les (bien trop) nombreuses tartes flambées de la veille, j’ai eu envie de lui adresser un petit message, à la Madeleine de 14 ans et demi :

L’horloge tourne, les jours défilent, les années passent, la vie change…

Mais punaise, quand je te revois, avec ta coupe à la c** et ton collier tatoo autour du cou, je me dis qu’heureusement ! 

Bonne semaine, les jolis ! 

 

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