TOO MUCH PRESSURE…

Pourquoi est-ce qu’on commence un blog ? Moi, c’était pour satisfaire une envie d’écriture qui trainait depuis longtemps dans les cartons des choses que j’ai toujours voulu faire sans me lancer. Je voyais cela aussi comme un genre de sas de décompression où je pourrais exprimer mes humeurs, mes envies, mes joies et aussi mes doutes, mes peines parfois, mais avec l’humour et la légéreté en toile de fond.

Au fur et à mesure que ce blog a pris vie, je me suis rendue compte qu’il était difficile de tout aborder sur le ton de l’humour. J’ai déjà évoqué des thèmes un peu plus sensibles, moins sujets à rire à mes yeux, comme ma belle-parentalité (ça se dit ?) ou la culpabilité maternelle qui me titille trop souvent à mon goût. J’ai pris conscience du fait qu’avoir choisi de me livrer à vous sur la toile, cela impliquait aussi de rester honnête vis-à-vis de vous, mes chères lectrices, et de ne pas prétendre être ce que je ne suis pas, quelqu’un de TOUT LE TEMPS drôle (là, j’entends Florence Foresti respirer, je la sentais nerveuse depuis mon arrivée dans la place des mères qui utilisent l’humour comme mécanisme de défense).

Je ne veux pas créer de moi l’image d’une mère de famille parfaite, avec un fiston parfait dont on ne raconte que les bons moments, un boulot passionnant et une foule d’amis à mes côtés. Je vous dois la vérité, et la vérité, c’est qu’en ce moment, je croule sous la pression que moi même, je me mets. Et que je commence à étouffer.

Je sens monter le conflit entre toutes ces personnalités qui luttent en moi pour imposer leur loi :

La mère qui voudrait être toujours là pour son fils, alors que celui-ci passer par une période certes difficile, mais tellement cruciale, de son développement…

La belle-mère qui marche constamment sur des oeufs…

L’employée qui veut donner le meilleur d’elle-même et prouver qu’être Maman n’a rien changé à sa motivation et à son engagement…

L‘épouse qui aimerait continuer à plaire à son mari et ne sait pas par quel bout s’y prendre pour faire renaître la nana pleine de pep’s qui l’a jadis séduit…

L‘amie qui se reproche de ne pas écrire plus souvent, appeler plus souvent, passer plus souvent…

La femme qui regarde ses ongles de pieds au vernis écaillé, les cernes sous ses yeux et le sac de sport resté dans le coffre de la bagnole après avoir loupé une énième fois la zumba pour cause d’heures supplémentaires ou d’un besoin irrespressible de montrer à son fils qu’elle est une bonne mère qui rentre à l’heure pour prendre soin de lui…

La blogueuse, qui doute, se décourage aussi parfois…

Pourquoi se met-on une telle pression ?

Pourquoi s’impose-t-on cela ?

Quelle est la clé pour gérer tous les casseroles sur le feu tout en restant une femme épanouie ?

Comment prouver à son boss qu’il peut compter sur nous sans sacrifer sa vie de famille ?

Comment faire comprendre à son enfant que si Maman n’est pas souvent là en ce moment, c’est parce qu’elle ne peut pas faire autrement ?

Comment rester sexy, désirable, légère (au sens propre comme au figure), comment faire renaître l’étincelle, comment retrouver ce qu’on a perdu en chemin (son énergie, sa fraicheur, sa taille 36…) ?

Comment décompresser quand le simple fait de prendre du temps pour soi engendre une avalanche de culpabilité ? Cette p*** de culpabilité, je m’y nois, je m’y perds, elle me poursuit partout. 

Peur de ne pas être à la hauteur.

Peur d’être doublée, au travail, dans ma vie de couple, et même, de façon parfaitement irrationnelle, dans mon rôle de Maman.

Peur de la comparaison avec celle qui était là avant moi, et qui est objectivement une mère bien plus présente et accompagnante que je ne le serai jamais…

Peur de l’échec, en règle générale, la faute à cet instinct compétiteur qui coule dans mes veines et transforme une simple partie de Trivial Poursuit contre moi en pugilat façon primaire des Républicains.

Peur de vous décevoir, aussi, en vous livrant sans pudeur mes failles, mes peurs et le fait que, plus les jours passent, et plus j’ai peur de ne pas arriver à tout mener de front. Arrêter ce blog, pourtant si jeune encore, j’ai y songé. Par manque de temps, d’inspiration, de succès aussi, peut-être. Je m’accroche, encore, pour le bien que cela me procure, même si garder une régularité dans l’écriture, c’était une pression de plus que je fais peser sur mes épaules qui n’ont plus vu de barre de Body Pump depuis bien trop longtemps.

Je crois que cet article très, trop, personnel était nécessaire pour que je commence à ressortir la tête de l’eau. Travestir la réalité, donner l’impression d’assurer sur tous les fronts, vous mentir, en quelque sorte, en jouant les Wonder Mums…Je respecte trop les quelques unes d’entre vous qui me lisent (je ne suis pas dupe, un nombre de fans sur Facebook ne veut pas dire grand chose à l’heure où on aime et on désaime quelque chose d’un clic) pour ne pas vous dire qu’en ce moment, je ne m’en sors pas.

J’espère que celles qui me liront donc me pardonneront ce billet teinté de pessimisme. Vous savez, je sais que je vais y arriver. Que la situation avec Simon s’arrangera, que le boulot sera fait, la maison propre et le blog alimenté… Je sais que mon Schatzi m’aime, que mes amis me comprennent et que mon fils ne vit que par ma présence. 

Mais je dois résoudre quelque chose en moi, ce quelque chose qui me pousse à vouloir être la meilleure et à ne décevoir personne.

Apprendre à relativiser sur l’importance d’une grosse pile de repassage, d’une parole blessante d’un collègue, d’une assiette de purée de carotte pas terminée…

Arrêter de me remettre sans arrêt en question.

Cesser d’agir impulsivement pour regretter ensuite mes actes ou mes paroles (10 contre 1 que je vais regretter ce post, par exemple).

Stopper cette culpabilité qui gangrène mon corps et mon esprit un peu plus chaque jour.

Ne plus m’en vouloir de vous dire que ça ne va pas, alors que j’ai une vie que beaucoup m’envient.

Croire en moi.

J’essaie depuis bientôt 31 ans, je ne suis pas douée à ce jeu-là. 

PS: je ne relis pas ce billet avant de le poster, sinon je vais me dégonfler. Pardonnez d’avance les fautes d’orthographe et les coquilles.

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