L’ÉTÉ, MON MEILLEUR ENNEMI

Mes aïeux, c’est un miracle, il a fait beau en France ce week-end ! Et attention, pas beau genre « le ciel est bleu mais le fond de l’air est frais »; non, beau du genre à faire péter les merguez et le rosé pamplemousse ! Les mecs, je vous le dis, summer is coming.

Comme tout le monde, je n’aime pas l’hiver. Je peux pas dire non plus que je sois fan du printemps, trop instable à mes yeux, ni de l’automne, quoi que celui-ci marque quelques points en étant la période de mon anniversaire. Bien rattrapé, l’automne, je te pardonne les feuilles mortes et le temps caca d’oie.

Ma saison à moi, définitivement, c’est l’été. L’été, c’est bien, c’est gentil, c’est tout chaud et tout cool, les journées sont longues et il y a de la bonne musique.

Faisons un point sur le terme « bonne musique » : Ricky Martin, « Un Dos Tres Maria », à mes yeux (mes oreilles) c’est de la bonne musique. Pleure, mélomane, pleure.

Ce qui me botte moins en tant qu’indivdu adulte de sexe féminin et donc par définition pas satisfaite de son habillage extérieur, c’est qu’il faut dévoiler de la peau, de la peau et encore de la peau. Autant j’avais le corps pour il y a 10 ans de cela, autant je me sens moins à l’aise maintenant avec mes jambes couleur Coulommiers et, oh glamour quand tu nous tiens, une légère pilosité sous-ombilicale restant de ma grossesse (je n’ai pas de vergetures, mais j’ai du poil au bidou). En plus, suite à une mauvaise rencontre appelée Roaccutane, je ne bronze plus, ou quasiment plus. Quand je revois des photos de moi il y a quelques années de cela, blonde comme les blés et caramelisée par le soleil, je me dis que vraiment, on ne se rend compte qu’on était de la bombasse en barre que quand on ne l’est plus.

Je sais qu’on est toutes comme ça, à avoir l’impression que la maternité nous a transformé en un espère d’ersatz de nous-même au potentiel de sexyness désormais aussi élevé que celui de Geneviève de Fontenay (et encore, on a pas forcément toutes une tête à chapeau). J’ai autour de moi une quantité industrielle de jeunes Mamans, et toutes sont en panique à l’idée de devoir exposer à la face du monde leurs corps post-partum. Il y a ces seins, plus aussi fermes qu’auparavant, ce restant de bouée qu’on arrive pas à perdre, ces hanches qui se sont élargies et qui n’ont même pas eu l’intelligence de se resserrer d’elles-mêmes après le passage de Bébé…

Je vois déjà celles d’entre vous qui me connaissent soupirer en pensant « c’est elle qui te sort ça, avec ses malheureux 7kg de grossesse ! ». OUI, j’ai la chance d’avoir pris peu et d’être revenue à mon poids d’avant-accouchement, au prix cependant d’efforts alimentaires et d’autant de sport qu’il est possible d’en caser dans mon emploi du temps. Pourtant, ça ne change rien au fait que mes hanches ne sont plus les mêmes, que mes seins ne sont plus les mêmes, que mon visage est marqué par la fatigue des premiers mois et que j’ai l’impression globable de ne plus prendre suffisamment soin de moi. Un exemple parmi tant d’autres : je n’ai plus fait de manucure depuis maintenant 16 mois. Mes ongles sont coupés à coups de dents (je les ronge) et mes cuticules provoqueraient une crise cardique à n’importe quelle esthéticienne.

Je regarde telle ou telle copine, et je me dis qu’elle a bien meilleure mine que moi, que ses cheveux brillent plus ou que ses fesses semblent plus fermes. Toi qui me lis, tu ne le sais pas, mais peut-être t’ai-je déjà regardé avec envie, en me demandant quel était le secret de ton teint parfait ou de tes jambes si fines. Tout comme toi, peut-être, a déjà pu envier telle ou telle partie de mon anatomie.

En matière de (mé)estime de soi, il n’y a pas de règle. On ne sait pas, si ça se trouve, quand Cameron Diaz se regarde dans la glace, elle se trouve moche. Peut-être qu’elle rêve d’avoir les cheveux de Jennifer Aniston ou la couleur de peau de Jessica Alba. Peut-être qu’elle se change trois fois avant de sortir parce qu’elle a l’impression que cette jupe la grossit ou que ce pull la boudine. Et encore, ma chère Cameron, tu n’as jamais servi de chambre chez l’habitant à un bébé géant qui, après neuf mois à se servir dans ton frigo, s’est barré par la porte du bas sans payer la caution pour les dégâts occasionnés.

Les filles, je vais pas vous sortir le couplet de « on est belles, on a donné la vie, on porte sur nous les stigmates du plus merveilleux des cadeaux ». C’est bien beau, mais ça te sauve pas la mise quand t’es dans la cabine chez Etam Lingerie à essayer un bikini à fleurs qui te fait ressembler à Carlos. Non, moi, je revendique plutôt le droit de me plaindre, de me trouver grosse, moche et fanée et de penser que si Schatzi reste avec moi, c’est parce que ça lui couterait trop cher de payer deux pensions alimentaires.

Je revendique ce droit parce qu’il m’en donne un autre : celui de pouvoir, sans être taxée de narcissime, de prétention ou d’egocentrisme, de me trouver, de temps à autre, pas si mal dans cette robe, pas si moche avec cette coiffure ou pas si dégeu dans ce maillot (une pièce…avec brassière de maintien).

Et puis, faut se dire une chose : sachant qu’on a toutes les plus beaux enfants du monde, et que les chiens ne font pas des chats, c’est qu’on en avait quand même un peu de cachée, de la sexyness, non ? Alors on se tartine d’auto-bronzant (n’oubliez pas le gommage avant), on enfile la culotte gainante de son nouveau maillot, on cache ses cernes derrière des lunettes XL et on le vit à fond, cet été !

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