FULL-TIME MUM…DE SORTIE LE SAMEDI

Dédicément, j’adore cette idée de « Full-time mum »….Ca fait héroine de feuilletons, genre Julie Lescaut ou Petit Ours Brun, vous livrant chaque semaine mes palpitantes aventures dans l’univers impitoyable de la parentalité (comment ça, j’en fais trop ?).

Bon bref, en tout cas, je suis bien contente de retrouver cette rubrique et de vous parler de mes samedis soirs et de la façon, dont, étonnament, ils ont changé depuis que mon sac est griffé « Vert Baudet » plutôt que « Chloé ».

Avant…

Au commencement, il était une femme.

Dans sa prime jeunesse, elle enflammait les dancefloors et ondulait du popotin sur du K-Maro, un verre de vodka redbull à la main (ou pas, vu que déjà à l’époque, pour s’offrir une vodka redbull en boite, fallait hypothéquer un rein).

Elle aimait particulièrement les apéros à rallonge et les soirées foot en terrasse, et n’envisageait le monde que perchée sur des talons de 10, si possible assortis à une jolie pochette ne contenant rien de plus qu’un portable (à clapet, s’il vous plait), une carte bleue et un flyer pour la soirée « Havana Club » au Circus (pour les connaisseurs).

Elle était jeune, insouciante, et libre…

Libre de passer trois heures dans la salle de bains pour peaufiner son lissage baguette (on était loin du beach wave à l’époque)…

Libre de changer trois fois de tenue…

Libre d’arriver en boite à 2h du mat et d’enchaîner sur un after jusqu’au petit matin…

Libre de choper la crêve en se baladant le décolleté à l’air en plein mois de décembre pour ne pas avoir à payer le vestiaire (libre certes, mais fauchée).

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Un beau jour, la jeune clubbeuse rencontra un homme, dont elle tomba rapidement amoureuse, sonnant ainsi le glas de ces virées nocturnes qui finissaient par avoir raison de son budget, de sa santé et de son goût musical (elle n’était quand même pas loin de trouver « sympa » la chanson de Tony Parker). 

Bien sûr, ils continuèrent à sortir, allant d’un resto en amoureux à un ciné à la séance de 22h, en passant par une dégustation de Blanc chez un petit caviste pas trop connu mais hypeeeeer pointu sur les vins de Loire. 

Et puis de leur amour naquit un petit être, charmant quoi que bruyant, qui vint légèrement contrecarrer l’idée que l’ex-clubbeuse et son amoureux des vins de Loire se faisait d’un samedi soir sympa.

Désormais, c’étaient les pleurs des coliques qui donnaient le tempo de leurs soirées, et le seul dancefloor qu’ils cotoyaient encore était celui de « Danse avec les stars ». Par pur mécanisme d’auto-défense face à tous ses bouleversements (et parce que Simon est né en janvier et que ça pelait grave dehors), ils commencèrent à se replier sur eux-mêmes, calfeutrés bien au chaud dans leur appartement, les charentaises en éventail. L’ex-clubbeuse commença même à retrouver le contrôle de ses orteils, après tant d’années passées engoncés dans des stilettos. Ils se laissèrent gagner par une tout autre forme de « Saturday night fever », celle des poussées dentaires, et si leurs nuits étaient toujours aussi courtes, ils le devaient davantage aux vocalises de leur bambin qu’à celles de Tragédie (décidément, on a la culture musicale que l’on mérite).

Et puis, peu à peu, les jours rallongèrent, les coliques se dissipèrent et ils commencèrent à sortir la tête du guidon, se rendant compte qu’il existait toujours un monde au-delà des paquets de Pampers. Ils reprirent tout doucement le cours de leur existence, redécouvrirent le plaisir d’aller, entre deux biberons, prendre un verre en terrasse et signifièrent à leurs amis leur retour dans le monde des vivants.

Pourtant, il faut reconnaître que rien n’était plus tout à fait pareil. Qu’il s’agisse d’un dîner au restaurant ou d’un apéro chez des amis, sortir requiérait désormais pour eux une organisation logistique et matérielle quasi-militaire faute de laquelle la soirée pouvait rapidement tourner au cauchemar. De l’avis de celle qui, une fois, est partie chez sa belle-soeur avec sa boite de lait sous le bras tout en oubliant la cuillère-mesure à la maison (et s’est tapé 80 km A/R pour aller la rechercher), le moindre petit caillou dans la roue peut enrayer la machine.

Sois honnête, n’as-tu jamais décliné une invitation sous prexte que les gens avaient une table en verre aux bords super-aiguisés capable de te découper un front de bébé en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « mère obsessionnelle » ? N’as-tu jamais maudit des amis habitant au 3ème sans ascenseur quand tu montais l’escalier chargée du cosy, du lit parapluie et de cette saloperie de sac à langer plein comme un boudin ? Tu n’es d’ailleurs par loin d’attaquer en justice l’inconscient qui a osé poser des cacahuètes sur la table basse. C’est simple, Ben & Nuts, pour toi, c’est plus les héros de l’apéro, ce sont plutôt les anges de la mort par suffocation. 

Et que dire du restaurant ? Rien que réussir à obtenir une table dans un endroit sympa en prononçant les mots « On aura une poussette » relève du parcours du combattant. Une fois que tu as fait le descriptif complet de la dite-poussette au serveur qui prend ta résa afin qu’il jauge de sa possible intégration dans son plan de salle, le plus dur reste à venir. 

Il te faut désormais préparer tout ce dont tu risques d’avoir besoin au resto : le repas bien sûr ; des couches, et une tenue de rechange en raison des crises de diarrhée fulgurantes que traverse actuellement ta progéniture ; des jouets pour l’occuper : des qui font pas trop de bruit (pour pas gêner les gens) mais un peu quand même (sinon ça ne l’intéresse pas) ; deux tétines, au cas où la première finisse dans ton verre de vin (#truestory) ; sans oublier Doudou Lion qui, compte tenu de la vie qu’il mène, mériterait bien un bon gueuleton. 

Arrivés sur place, il te faudra éventuellement te battre avec les autres parents présents pour avoir accès à l’unique chaise haute du restaurant. Ne pouvant physiquement pas lutter avec la dernière Maman encore en lice, dont les allures de catcheuse mexicaine te donnent subitement envie d’Enchiladas, tu finis avec Lapin sur les genoux. 

C’est bien aussi, sur les genoux. Tant que tu n’en es qu’à l’apéro, avec pour seul territoire à protéger que ton verre de Pouilly Fumé. Tout se complique quand on t’apporte ton plat et que tu engages une lutte de pouvoir avec ton enfant pour savoir qui de vous deux s’enfilera tes frites (spoiler alert : lui). Et vu que les frites, c’est quand même meilleur que les carottes initialement prévues pour lui (réchauffées au micro-ondes par un serveur de plus en plus exaspéré), il refuse d’y toucher. Résultat, c’est toi qui manges les carottes parce 1) faut pas gâcher 2) tu crèves de faim puisque tu n’as pu avaler aucune de tes frites. 

Alors que le fondant au chocolat sur la carte des desserts te fait de l’oeil, Choupi décrète qu’il en a assez et décide de le faire savoir en criant et en envoyant balader Doudou Lion dans l’assiette de la catcheuse mexicaine qui dînait à côté. Quand je vous dis qu’il a pas la vie facile…

Du coup, exit le fondant au chocolat, tu demandes l’addition et le serveur n’est pas loin de réaliser la danse de joie. Surprise, surprise, on t’a facturé l’assiette de Miss Guadalajara 77 qu’il a fallu refaire parce que désormais farcie au Doudou Lion. 

Avec ton mari, tu rentres chez toi. 30 secondes après avoir mis le contact de la voiture, Choupi dort, son Doudou parfum Brandade de Morue collé contre lui. Tu le regardes, tellement paisable, et tu te dis, que, quand même, même si tes samedis soirs ne sont plus aussi « pump it up » qu’auparavant, t’es bien, quand même, dans ta nouvelle vie de clubbeuse repentie.

J’ai forcé un peu le trait, forcément. Mais l’idée générale est là : un enfant, c’est pas toujours sortable, mais que sont quelques regards furibonds du serveur face aux éclats de rire de ton gamin quand Doudou Lion a fait le grand plongeon ? Devenir parents, c’est accepter de changer de rythme, de jouer les sherpas tibétains quand on va chez des amis et d’être détesté par tout un restaurant. Mais franchement, je trouve que ça en vaut la peine.

PS: cela dit, j’étudie toute proposition de baby-sitting qui nous permettrait à Schatzi et à moi d’aller tester le nouveau bar à dim-sums qui vient d’ouvir en ville.

PPS: tiens, c’est cadeau !

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