EH OH, EH OH, ON RETOURNE AU BOULOT !

Tu te souviens de la veille de rentrée des classes ? Le cartable neuf, les vêtements soigneusement posés sur une chaise, et cette boule au ventre qui faisait qu’invariablement, tu rêvais que tu te retrouvais nue devant toute la classe (ou pire encore, pas dans la même classe que ta meilleure amie)…

Si tout ça te parle, c’est que tu as été à l’école. Ce qui, je pense, à moins d’être particulièrement autodidacte (et particulièrement hors-la-loi) t’est forcément arrivée faute de quoi tu ne serais pas en mesure de lire ce blog.

Ce mélange de peur et d’excitation m’est subitement revenue quand, il y a un an jour pour jour, j’ai dû retourner à l’école des grands, j’ai nommé le travail. Sauf que je n’étais pas du tout excitée. Juste terrrorisée, déprimée et prête à rouvrir moi-même ma cicatrice d’épisio pour prolonger mon arrêt. Mais bon, vu que je suis quand même plutôt chochotte sur les bords et que l’idée de m’auto-mutiler me semblait tout de même légèrement plus douloureuse que le fait de reprendre le boulot, j‘ai pris mon courage à deux mains, mis mon goûter dans mon Marc Jacobs et je suis partie la fleur au fusil retrouver mon bureau, mon PC et ma chaise qui tourne. 

C’est en repensant à cette deuxième « première journée » que m’est venue l’idée de rassembler dans un article les pires situations auxquelles tu as à faire face quand tu reviens de congé maternité. Cette liste n’a pas prétention à être exhaustive, et ce que j’adorerais, c’est que vous me mettiez en commentaire vos expériences à vous, histoire que je puisse l’agrandir et faire de cet article un manifeste officiel contre toutes les choses qui nous emm*** quand on reprend le travail.

J’aime l’idée du manifeste. Ca fait sérieux. Genre on va changer le monde et tout, et tout.

1) Quand on a mis un(e) stagiaire à ta place pendant ton absence

Je ne parle pas de quelqu’un qui t’aurait officiellement remplacé pendant ton congé mat. Non, moi je parle de l’étudiante anglaise en « International Communication » qu’on a mis à ta place parce que, ben en fait, on savait pas où la caser. Et qui, au cours de ses quatre mois passés dans l’entreprise, aura peu à peu fait de ton territoire le sien, en réorganisant l’espace et en remisant (sacrilège !) au fond d’un tiroir le cadre avec la photo de Schatzi.

You touched my cadre ? Seriously, you touched my cadre ? Mais euh…Bitch.

Et p***, où t’as mis l’agrafeuse ? 

(NDLR : aucune stagiaire n’a été maltraitée pendant l’écriture de cet article)

2) Quand on a réattribué provisoirement ton numéro de téléphone

Et que trois mois après être revenue, tu continues à recevoir presque quotidiennement des appels de gens qui « souhaiteraient parler à Monsieur Tartempion, s’il vous plait ». Mmm, comment te dire ? C’est mon téléphone, mon mien, et si tu demandes encore une fois à parler à Monsieur Tartempion, il se pourrait que je t’assomme à distance avec le combiné. De MON téléphone.

Ah, et Tartempion, maintenant, il a le 614.

Oui, oui, je vous transfère.

3) Quand on te demande si c’est pas trop dur de reprendre

Je sais, ça part d’un bon sentiment. Mais quand ça fait des mois que tu n’as pas dormi plus de 3h d’affilée, franchement, les bons sentiments…Trois solutions s’offrent alors à toi :

– Tu peux répondre que si, effectivement, c’est dur et que d’ailleurs, tu vas rentrer chez toi  dormir un peu.

Probabilité de perdre ton boulot : forte

– Tu peux répondre que si, effectivement, c’est dur et que ce qui est encore plus dur, c’est de devoir parler avec des cons qui te demandent si c’est pas trop dur de reprendre.

Probabilité de perdre ton boulot : ça dépend. Si c’est juste un collègue, tu passeras juste pour une caractérielle. Si c’est ton chef, tu peux remballer ton cadre avec la photo de Schatzi. 

– Tu peux répondre en souriant que si, c’est dur, mais que d’un autre côté, ça fait tellement de bien de faire un peu autre chose que pouponner.

Probabilité de perdre ton boulot : faible.

Probabilité que tu culpabilises toute la journée d’avoir osé exprimé à voix haute cet aveu de mère indigne : très, très élévée.

4) Quand on te réexplique des choses que tu sais déjà faire

On va être clair : la maternité m’a peut-être laissé des vergetures, des cernes et une légère surchage pondérale au niveau du bidou, mais l’amnésie ne fait pas partie du package ! Donc oui, je me souviens parfaitement comment saisir une commande. D’ailleurs, je me souviens même encore de mon mot de passe pour l’ERP. C’est « soleil217 ».

Ou « lune219 » ?

Mais bon sang, j’aurais pas pu mettre ma date de naissance comme tout le monde ?

5) Quand on te dit « quand vous étiez en vacances… »

Il y a environ 99,9% de chances que ce soit un mec qui te sorte cette phrase.

Je me demande quel a été le meilleur moment de ces « vacances » : la sciatique chronique dont j’ai souffert au cours du 9ème mois, les 16h d’accouchement pour finalement expulser de mes entrailles un bébé de la taille d’un chapon ou bien encore la fois où mon fils m’a vomi dans le dos et que je ne m’en suis rendue compte que deux heures après ? Pas exactement les Bahamas, quoi.

Vu que la violence physique est interdite au bureau, je te suggère de respirer un bon coup, de sourire, puis d’aller taper « refiler la petite vérole à quelqu’un par la pensée » dans Google. 

6) Quand on te demande s’il te faudra une autre taille pour ta tenue de travail. 

Donc tu insinues que j’ai grossi. Ok. Et sinon, toi, comment tu vis le fait d’être toujours célibataire à bientôt 40 ans ? Désolée, mon obésité nouvellement acquise m’a rendue mesquine.

7) Quand on te répond « encore ? » quand tu poses un jour de congé

Encore une fois, nous n’avons pas la même notion du mot « congé ». Et soit dit en passant, si j’ai besoin d’un jour de congé, c’est parce que Simon doit voir un ORL et que le seul rendez-vous de libre au cours des deux prochaines années tombait un mardi en pleine semaine.

Et je défie quiconque de survivre deux heures dans la salle d’attente d’un spécialiste en retard avec un bébé de 6 mois actuellement en pleine grève de la sieste dans les pattes.

8) Quand tu apprends le lendemain que la veille, y’avait sortie tapas entre collègues, mais qu’on ne t’en a pas parlé parce que « Tu sais, on s’est dit, avec le petit, c’est pas pratique… »

Vous avez tout à fait raison, les mecs, la place d’une mère, ce n’est pas dans un bar. D’ailleurs, c’est comme si tout l’amour que j’avais pour la Sangria s’était subitement envolé à la seconde où mon fils a fait son apparition sur terre en défonçant la porte d’en bas. Et puis, si j’étais venue, je n’aurais sûrement fait que parler des croutes de lait de mon fils et des vertus comparées des Pampers et des Huggies.

9) Quand on te demande si t’aurais pas voulu prendre un congé parental

Mais si, j’aurais franchement adoré. Mais vu qu’aux dernières nouvelles, mon mari n’est pas PDG et la banque pas prête à nous offrir les mensualités du crédit pour que je puisse pouponner tranquille, j’ai bien été obligée de reprendre le chemin du turbin.

10) Quand on te demande si ton enfant ne te manque pas pendant la journée…

…Et que tu fonds brusquement en larmes parce que OUI, il te manque tellement, c’est horrible, et d’ailleurs, sûrement qu’il aime déjà la Nounou plus que toi, et c’est sûr, c’est avec elle qu’il va faire toutes ses premières fois, et toi, tu louperas tout, tout ça parce que tu as préféré aller travailler !

Un conseil : si vous ne voulez pas vous retrouver avec une mère de famille épuisée qui vous tombe dans les bras en s’auto-flagellant d’abandonner chaque jour son fils à la crèche, ne posez JAMAIS cette question !

J’ai bien conscience que de beaucoup de ces points ressort une certaine violence qu’il semble difficile de canaliser. C’est tout simplement parce que revenir travailler après son congé mat, c’est pour toute femme une étape certes inéluctable, puis avant tout extrêmement difficile à négocier psychologiquement. La fatigue de la grossesse, de l’accouchement et des premières semaines de vie fait que bien souvent, on prend les choses bien plus à coeur qu’on ne le devrait.

De plus, il est parfois difficile de retrouver sa place dans un microcosme qui, par la force des choses, s’est organisé pendant quelques mois sans vous, et qui, il faut bien l’admettre, a continue à fonctionner. Le sentiment d’être « placardisée » à son retour de CM est fréquent et assez naturel. Attendez quelques semaines, et je vous promets que vous regretterez vite le temps où votre activité la plus productive consistait à retransférer des appels à Monsieur Tartempion. 

Je vous rassure, il y a aussi de nombreux points positifs dans le fait d’être une maman qui travaille :

  • On peut dire qu’on doit partir plus tôt pour aller chez le pédiatre
  • On peut dire à la nounou qu’on récuperera Lapin plus tard parce qu’on a une réunion alors qu’en fait, on va se faire faire un massage
  • On peut dire à son mec qu’on a eu une grosse journée pour qu’il se sente obligé de s’occuper du repas
  • On peut dire à ses collègues qu’on a pas dormi de la nuit pour justifier un manque évident de productivité

Bien entendu, il est évident que ce sont les autres et pas moi qui font tout ça. Non, moi mes journées sont VRAIMENT difficiles et mes nuits VRAIMENT courtes. Promis.

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