J’AVAIS OUBLIE (OU CA ON M’AVAIT PAS DIT – VOLUME 2)

Hier matin, j’ai eu un texto de l’un de mes meilleurs amis, devenu Papa jeudi, me disant que la première nuit de sa femme à la maternité avait été catastrophique: leur bébé avait pleuré toute la nuit, elle n’avait pas pu fermer l’oeil et même une fois le petit Loulou confié à la pouponnière, impossible de trouver le sommeil. C’est là que ça m’a frappé de plein fouet : je connais cette histoire. Je l’ai moi-même vécue quasiment mot pour mot il y a presque tout pile quatorze mois de cela. Et pourtant, avant de recevoir ce fameux message, je n’en avais strictement aucun souvenir.

Là, d’un coup, tout m’est revenu : la première nuit cauchemardesque, le bébé hystérique suite aux (trop) nombreuses visites, la chute hormonale et cette impression étrange d’être désormais un Kinder Surprise sans surprise à l’intérieur. Je m’en suis voulue de ne pas avoir parlé de cela à mon amie, mais mon cerveau désormais conditionné à vendre la maternité comme un monde merveilleux fait de bisous et d’odeur enivrante de crâne de bébé m’en a empêché. En somme, j’ai eu un black-out. Comme jadis avec la vodka. Sauf que la vodka te fait oublier ce moment de la soirée où tu as dansé sur la table avec ton slip sur la tête, alors que le black-out post-accouchement te fait oublier…d’autres choses. Comme ça par exemple :

  • J’avais oublié que Simon a dormi toute la journée qui a suivi l’accouchement, avant de me faire une java d’enfer la nuit. On ne peut pas dire qu’on est partis sur de bonnes bases, lui et moi, considérant le fait qu’après quatre heures de pleurs continus, j’ai envisagé le suicide par auto-strangulation avec le câble du bip d’appel d’urgence.
  • J’avais oublié les courbatures d’enfer que tu te tapes après avoir passé 16h dans diverses positions censées accélérer la venue d’un enfant, qui, de toute évidence, n’est pas pressé-pressé de faire son entrée dans son monde.
  • J’avais oublié qu’à l’hôpital, 6h du matin est une heure raisonnable pour t’apporter ton petit-déjeuner. Et par petit-déjeuner, j’entends un morceau de pain de la veille et une lichette de marmelade d’orange…sérieux, à part la reine d’Angleterre, quelqu’un d’autre sur Terre aime la marmelade d’orange ?
  • J’avais oublié dans le même genre que 7h du matin est un bon horaire pour te faire un touché rectal histoire de vérifier si tu n’as pas d’hémorroides. Quoique, y-a-t-il vraiment un bon horaire pour cela ?
  • J’avais oublié que pendant les 4 ou 5 jours que tu passes à la maternité, y’a plus de monde qui vient visiter ton entrejambe que de selfies de Chinois devant la Tour Eiffel. Si on m’avait dit que mon intimité deviendrait THE place to be…
  • J’avais oublié que Bébé se comporte de manière absolument adorable et serre tous les doigts qui se présentent à lui pendant la journée, avant de te faire payer ce trop-plein de visites toute la nuit qui suit.
  • J’avais oublié que pendant au moins une semaine, tu n’oses plus faire la grosse commission. La faute à tes points de suture…Et aussi au fait que chaque fois que tu es sur le trône te revient l’image de la sage-femme qui t’a accouché et te répêtait en boucle « Poussez comme si vous vouliez faire caca » (petite aparté pour mon Schatzi : je n’ai pas été concernée par ce point puisque comme tu le sais, ta femme à toi ne fait que pipi, jamais popo.)
  • J’avais oublié que quoi que tu fasses, tu as toujours l’impression de mal faire. Que tu te sens dépassée par les évènements, incapable de gérer cette nouvelle situation et que tu as même googlé « changer d’identité et partir refaire sa vie au Chili » entre deux tétées.
  • J’avais oublié que le simple fait de rester assise pouvait être douloureux. Surtout si tu as la chance d’avoir le maxi-combo « épisio/hématome/hémorroides ». Mais bon, recevoir tes visiteurs à quatre pattes histoire de soulager tes fesses, ça le fait moyen.
  • J’avais oublié que tous les chocolats, les gâteaux et autres douceurs que te ramènent les gens qui viennent te voir seront boulotter par ton homme puisque tu es d’ores et déjà en mode « régime post-accouchement ». Bien que tu finisses par fourrer d’un seul coup dans ta bouche tous les macarons Ladurée à 4€ pièce offerts par ta frangine à 2h du matin après avoir passé trois heures à écouter ton gamin hurler à la mort.
  • J’avais oublié le sentiment de vide et de tristesse que tu ressens que Schatzi part dormir à la maison et que tu te retrouves en tête-à-tête avec le bébé. Bonus si, comme pour moi, Schatzi part d’abord rejoindre toute la famille pour péter le champagne pendant que tu restes seule devant ton assiette de beurre aux pâtes. Merci les gars d’arroser le fait qu’une tête géante a fait exploser ton périnée il y a à peine quelques heures de cela.

J’avais oublié beaucoup de choses, mais quelque part, ce n’est pas plus mal. C’est comme avec la douleur des contractions, heureusement que l’on l’oublie…

Sinon, je pense que l’humanité se serait sûrement éteinte depuis belle lurette.

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