AVANT/APRES

Je ne sais plus lequel de mes profs nous serinait à longueur d’année « un bon croquis vaut mieux qu’un long discours » (vu mon talent avec un crayon, sûrement pas mon prof de dessin). Bref, le fait est que c’est souvent vrai : une image vaut mille mots, et l’excellent livre BÉBÉ, paru récemment aux éditions Play Bac, en est la preuve formelle. L’idée de cet ouvrage, c’est de résumer en infographie ce qui change avant et après bébé.

En effet, vous êtes-vous déjà retrouvée devant un mum-to-be rayonnante, son gros bidon pointé vers vous, qui vous dit, la bouche en coeur « Ah mais non, tu vois, nous, on va pas changer nos habitudes avec l’arrivée du Bébé. Ce sera comme avant, mais à 3« . J’ai été cette nana, et c’est la raison pour laquelle je vais me permettre ce qui suit :

MORUE.

A moins d’avoir un bébé qui fait lui-même ses lessives, dort quand tu lui dis de dormir et adore passer 4h dans sa poussette à te regarder t’enquiller du Chardonnay, il n’y a strictement AUCUNE chance que ta vie d’après soit la même que ta vie d’avant. Tu me crois pas ? La preuve en images :

Infographie : avant-après bébé

Tu vois la journée ? T’es réveillée, tu fais 1000 choses à la fois et tu cours partout. Ben dis-toi que désormais, la nuit, c’est comme la journée.

En pire parce qu’en plus, t’es en pyjama, avec le cheveu en pétard, une haleine de poney mort et la marque de la télécommande sur laquelle tu t’es endormie sur le front. Ah, et accessoirement, t’es crevée aussi, car la journée de jour qui a précédé la journée de nuit ne boxait pas exactement dans la catégorie « cool Raoul ».

Vous voulez quoi, la version officielle « C’est que quelques semaines, les bébés font généralement leurs nuits vers 3 mois » ou la version real life ? Oui, bien sûr, les bébés font généralement leurs nuits vers 3 mois. 3 MOIS, Simon. Pas 13 MOIS, 3 MOIS.

Et encore une chose : il existe quantité d’autres raisons pour un bébé de se réveiller la nuit autre que la faim. La peur. Les dents. Le froid. Le chaud. L’envie de vous faire c***.

Alors ne faites pas comme moi, et ne criez pas victoire trop vite quand le biberon de 4h sautera. Sinon, la chute n’en sera que plus dure.

Voyez le bon côté des choses. A raison de quelques soirées passées devant les programmes de nuit, vous deviendrez vite incollable sur la pêche à la mouche ou les chanteurs de zone B pas assez connus pour que leurs clips passent en journée. Je vous conseille particulièrement D8 et sa bimbo lascivement assise sur un canapé en cuir qui vous lit « A la recherche du temps perdu » sans comprendre un mot de ce qu’elle dit (pas même le nom de l’auteur, qu’elle appelle Marcel Prout).

Infographie : avant-après bébé

Je pense que le message est passé depuis le temps : les Mojitos me manquent. Eux et moi, on était proches, on passait tous nos week-ends ensemble, on avait une belle relation basée sur l’ivresse et le citron vert.

J’ai bien essayé d’en inviter un à la maison, je lui ai acheté les plus belles feuilles de menthe du primeur et confectionné de la glace pilée avec amour, mais c’était pas pareil, le charme était rompu.

Je me suis donc laissée séduire par sa lointaine cousine la tisane. Une vieille fille aigrie qui sent bizarre et a toujours un drôle de goût (non mais le fenouil, la camomille, la verveine, quoi ! WTF ?). Mais qui a trouvé sa place sur mon canapé, le samedi soir, quand j’essaie vaguement de suivre « Danse avec les stars », l’oreille collée au babyphone. À côté de moi, Schatzi, zombie en jogging qui joue à Boom Beach sur sa tablette, un thé reglisse-menthe fumant à ses côtés (la tisane, c’est pour les gonzesses).

Attendez, j’ai pas dit que c’était pas sympa, ces soirées à la maison. A la maison, il faut bon, ça sent ni la transpi, ni la bière froide, tu n’es pas obligée de crier pour parler et tu peux aller aux toilettes sans risquer de choper la gangrène de la fesse. Et en plus, tu rentres même en chaussons. This is how we party, bitch !

Infographie : avant-après bébé

Mais comme cette image me parle ! Depuis que Simon est là, j’ai l’impression que ma cuisine s’est transformée en rayonnage de chez Bébé 9 : mon plan de travail est envahi d’objets aussi bizarrement design qu’un arbre à biberons, un goupillon ou un chauffe-biberon « tulipe » (si quelqu’un est à même de m’expliquer en quoi cette chose est censée ressembler à une tulipe, je lui offre une tournée de Gallia troisième âge pur malt). Et je ne vous parle pas de mes tiroirs, qui débordent de petits pots « pomme poire myrtille » et de biscuits boudoir infects.

Mais le caid de ma cuisine, le boss des équipements pour bébé, c’est bien évidemment le Baby Cook. Si on était dans un clip de rap, le Baby Cook serait assis sur une Ford Mustang tunée pendant que des filles en bikini lamé danseraient autour de lui. Il est arrivé près du grille-pain et lui a dit « Bouge de là, c’est ma place ». Le grille-pain a bougé de là. Sans lui, je serais perdue. La fois où j’ai cru qu’il avait cramé, j’ai envisagé le suicide par noyade dans mon évier.

Grâce à lui, j’ai réussi à tenir mon fils éloigné des purées de l’ami Blédina et ai probablement évité de me retrouver recouverte d’une mixture aux carottes sans goût renversée sur moi par mon fils dégoûté.

I love you, Baby Cook. Je veux bien être la fille en bikini dans ton clip de rap. 

Infographie: Avant-Après bébé

Les appels, certes. Mais aussi et surtout les textos. Démonstration :

Avant, avec Schatzi :

« Bonjour mon coeur ! Je te souhaite une belle journée et j’ai hâte de te retrouver pour te serrer fort dans mes bras. Je t’aime à l’infini et pour toujours.

Maintenant, avec Schatzi :

« Salut chéri, Simon avait une méga-diarrhée ce matin, j’en avais partout et lui aussi, tu t’étonnes pas si ça pue dans sa chambre quand tu rentres: Biz (émoticône caca) »

Ai-je besoin d’ajouter quelque chose ?

Infographie : avant-après bébé

Sur ce point, je pense particulièrement à mes deux meilleures amies que je connais depuis le lycée et avec qui mes conversations se sont pendant longtemps résumées à :

  • 10% de flip autour des études (puis du boulot)
  • 10% de bitchage sur les gens que l’on connait
  • 79% sur nos mecs et nos histoires de c**

(le 1% restant étant alloué aux blagues scatologiques dont nous avons toujours été friandes).

Depuis que nous sommes Mamans, le découpage serait plutôt :

  • 10% de flip autour du développement de nos enfants
  • 10% de bitchage sur les mauvaises mères que l’on connait
  • 79% sur nos enfants (avec, là encore, une bonne part réservée au scatologique)

(le 1% restant étant alloué à nos mecs, de préférence pour s’en plaindre)

Infographie: Avant-Après bébé

L’horreur a un nom : lit parapluie. Cette espèce de saloperie que vous vous retrouvez subitement contrainte d’emmener partout avec vous et dont la mise en place nécessite un doctorat. Sérieusement, y’a toujours un côté qui reste coincé, qui a inventé cette M*** ? Et je vous parle même pas du repliage. Un doctorat, je vous dis.

Le lit parapluie figure tout en haut de la liste de trois pages des choses que vous devez emmener lorsque vous partez en vacances : la poussette, bien sûr ; le cosy, si bébé rentre encore dedans ; des couches en quantité suffisante ; des jouets, pour ne pas qu’il s’ennuie ; des médicaments, s’il tombe malade ; son doudou ; son autre doudou ; son autre autre doudou ; plusieurs tétines, au cas où il en enterre une dans le sable…Et je vous parle pas des vêtements. A force de vouloir parer à toutes les hypothèses (« Comment ça, il a pas besoin de bonnet pour aller à Majorque ? Mais s’il neige ? »), vous vous retrouvez à embarquer la totalité de son dressing. Et une fois sur place, son père et vous vous retrouvez à faire vestiaire commun faute de place dans la valise pour vos affaires respectives.

Compte tenu de ces nouveaux paramètres, les transports en commun, vous avez un peu laissé tomber (« Désolée Madame, mais vous avez 54 kg d’excédent bagage, ça fera 1500 € »). Du coup, vous faites Strasbourg-Biarritz (1167 km) entassés dans la voiture, ce putain de lit parapluie sur les genoux et le CD de « Tchoupi au cirque » en boucle. Vive les vacances !

Infographie : Avant-après Bébé

PDG d’Ariel, lors de l’Assemblée générale de l’entreprise : « Chers Collègues, chers Actionnaires, je suis heureux de vous annoncer une progression de 270% de notre Chiffre d’Affaires au cours du précédent exercice. Cet excellent résultat a été rendu possible grâce à Mme *** et à son fils qui a souffert d’un syndrôme de régurgitation chronique ». 

Infographie : Avant-Après bébé

J’en ai déjà parlé, depuis que j’ai Simon, j’appréhende le supermarché sous un tout nouvel angle. J’ai découvert ce qu’était du liniment ou de la Blédine, je connais par coeur les vices et vertus comparés de la Mont Roucoux et de l’Evian et même dans le noir, je retrouverai le chemin qui mène au rayon des laits en poudre.

Désormais, mon chariot déborde de bouteilles d’eau de source et de petits suisses (je parle de yaourts, pas de personnes helvétiques de petite taille) et mon budget courses flanche nettement sous le poids des courgettes et autres potirons bio.

Jadis, mon alimentation de base pouvait se résumer ainsi : Cracottes, St Moret, Surimi, Coca Light (que du bon ,quoi !). Aujourd’hui, avec trois hommes à la maison, mes sacs de course pèsent un âne mort et mes Cracottes agonisent écrasées sous le poids des packs de bière et des boites de Chocapic et de Galliagest.

Mais bon, j’optimisme, comme dirait l’autre. Après tout, en arrêtant d’acheter des Surimis, quelque part, j’ai sauvé des poissons. Ou du plastique. On sait pas trop en fait.

Infographie : avant-après bébé

Episiotomie.

Biberon de minuit.

Biberon de 4h.

Biberon de 7h.

Kilos post-grossesse.

Baby-blues.

Sentiment de culpabilité. 

Ah, et aussi BZZZZZZZZZZZZZ (bruit du babyphone qui grésille).

Plus naturel que la pilule, moins radical qu’une vasectomie : le bébé, M’sieurs Dames, élu « moyen de contraception de l’année » !

J’ai une amie qui a connu un retour de couches. Elle est mon héroine. Pas parce qu’elle arrive à gérer comme une reine avec deux enfants en bas âge (enfin si, aussi). Non, surtout parce qu’elle a réussi à se motiver à FAIRE DES GALIPETTES malgré les coliques et les tétées de nuit !!! Une Warrior, je vous dis.

Vous l’aurez compris, la vie change après Bébé. Tu mets de côté certaines choses, et tu en découvres d’autres, tout aussi épanouissantes. C’est un nouveau chapitre, et si les pages sont souvent maculées de vomi couleur carotte, je vous promets que ça vaut le coup de continuer à lire.

Mais si votre côté sadique vous titille et que vous avez envie de faire un peu (beaucoup) flipper vos potes futurs parents, voici le lien vers le site de la Fnac :

http://livre.fnac.com/a8898300/Collectif-Bebe 

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