A LA DÉCOUVERTE DE NOUVEAUX HORIZONS (1)

Je pense que vous l’avez remarqué : quand on devient Maman, on découvre certaines contrées jusqu’alors inexplorées (bonjour, cabinet de rééducation périnéale !) et on renonce à d’autres lieux jadis tant aimés (au revoir, happy hour du café du coin !).

Même dans des endroits bien connus, on a tendance à modifier carrément ses habitudes de fréquentation. Le rayon petits pots du supermarché par exemple : avant bébé, un no man’s land perdu entre le papier toilette et la lessive. Aujourd’hui : le théâtre d’une réflexion intense pour savoir ce qui, de pomme/poire ou pomme/banane, plaira le plus à votre Choupi (la banane, choisissez TOUJOURS la banane !).

En ces 13 mois de vie commune avec Simon, j’ai non seulement mis les pieds dans certains endroits dont je ne soupçonnais même pas l’existence, mais j’ai aussi revu en profondeur ma façon de visiter certains lieux chers à mon coeur (ou pas d’ailleurs…je ne peux pas dire que je porte un amour profond aux toilettes de la station-service d’autoroute, mais force est de constater que désormais, je file plutôt vers la table à langer que vers le miroir pour une retouche make-up).

Accrochez-vous, Lecteurs chéris, je vous emmène avec moi pour un petit tour d’horizon volume 1 de mes nouvelles « places to be ».

New place to be N°1 : le parc d’attractions

Jean, veste et foulard Okaidi
Jean, veste et foulard Okaidi

Dans ta folle jeunesse de nullipare, une virée au parc d’attractions signifiait bien souvent un enchaînement de montagnes russes toutes plus flippantes les unes que les autres, entrecoupé par 30 40 – ah ça vient de passer à 50 – minutes de file d’attente en plein cagnard.

Tu te délectais du spectacle de ces parents, engoncés dans un wagon de petit train visiblement réservé aux individus de moins de 1m10, des enfants surexcités sur les genoux et un sac à dos de 10 kg contenant goûter, fringues de rechange et 2 l de sirop de grenadine sur les épaules. Après leur avoir jeté un regard moqueur compatissant, tu partais en courant vers le nouveau grand-huit à 10 inversions, heureux, fougueux et sûr de toi (et de ton estomac).

Puis, un jour, tu te retrouves dans ce même parc d’attractions avec ta propre progéniture, et tout change. Terminé Space Mountain, bonjour « It’s a small world » ! (« Notre monde est tout petiiiiiit, notre monde est tout petiiiiiit »...Ne me remerciez pas, c’est cadeau !). Tu découvres un univers nouveau, où tu accèdes en quelques minutes à peine à de bucoliques attractions qui t’emmènent visiter le pays des amis de la forêt ou voguer en douceur sur la rivière des contes de fée. Tu t’installes confortablement sur un banc et tu sirotes une boisson fraîche pendant que tes enfants regardent Winnie l’Ourson essayer de décoincer son popotin de l’arbre à miel (#moidansmonjeantaille36). Tu les prends en photo avec leurs héros préférés, et puis oh, après tout, toi aussi, tu veux une photo avec Mickey. Pour la première fois de ta vie, tu regardes la parade, et t’émerveilles comme eux devant le char Toy Story (y’a même Monsieur Patate !). 

Bref, tu te laisses gagner par la magie de l’endroit et le bonheur de ton enfant (pour qui, il faut le reconnaître, le concept du parc d’attractions a été initialement développé) et tu oublies tes vélléités d’ex-roller coaster addict. Et puis, avec l’âge, tu sens bien que tu supportes moins bien qu’avant les manèges à sensation. D’ailleurs, elle a toujours été aussi hard, la chute dans « Pirates des Caraibes » ? Non, parce que moi, ça m’a remué, un peu, quand même. 

New place to be n°2 : L’aire de jeux intérieure

aire de jeux

Imagine…

Des couleurs criades…

Une odeur persistante de pieds…

Des gamins déchaînés qui hurlent et se lancent des boules en plastique au visage…

Et, dans l’air, les virus de la gastro, du rhume et de la conjonctivite réunis en une funeste assemblée prête à en découdre avec ton système immunitaire…

Inutile de te pincer, ce n’est pas un cauchemar. Tu y es POUR DE VRAI…
…au parc de jeux intérieur !!! (je vous remercie de bien vouloir joindre à cette phrase le bruitage de foudre prévu à cet effet).
C’est le cauchemar de ton pédiatre, un lieu de perdition où ton enfant va évoluer sur des tapis en mousse à l’hygiène douteuse et barboter dans une pisicine à boules susceptible de receler n’importe quel trésor (et par trésor, j’entends secrétion corporelle). Avant d’être Maman, tu te disais que la seule solution pour que tu acceptes de mettre ne serait-ce qu’un orteil dans un de ces endroits, ce serait de porter une combinaison anti-contamination.
Et pourtant…Je dois admettre qu’en regardant Simon, explosé de rire, jouer dans les balles ou explorer une cabane en filet, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, et de me dire que finalement, ce n’était pas si terrible que cela, et plus propre que ce que je m’étais imaginé. Il a passé une heure à jouer comme un petit fou, j’ai profité d’un moment privilégié avec lui et on s’est bien dépensés…Car oui, c’était moi, la dame en robe moulante qui essayait de le suivre dans un tunnel bien trop étroit pour mon popotin. Comme je te comprends maintenant, Winnie l’Ourson !
Ok, trois jours après, il était malade comme un chien, et moi avec. Mais on ne peut pas les protéger de tout, et ça m’a permis d’aller visiter ma new place to be n°3 !
New place to be n°3 : la salle d’attente du pédiatre
@Charlie Hebdo
@Charlie Hebdo

Au moment où tu pousses pour la première fois la porte du cabinet du pédiatre, portant à bout de bras un cosy méga-lourd garni d’un bébé qui l’est encore plus, tu ne peux pas t’empêcher de te sentir fière. Ca y est, c’est officiel, tu es adulte, tu vas enfin pouvoir dire « Jeudi ? Ah non, jeudi, ça va pas, j’ai RDV avec Simon chez le pédiatre ! » (mini-kif).

Une fois en salle d’attente, tu déchantes un peu. Car comme tous les spécialistes, le pédiatre a toujours du retard. Et poireauter, c’est déjà pas marrant quand t’es toute seule, mais quand tu dois en plus empêcher constamment ton fils de lécher des Duplos parfum varicelle, cela devient carrément chiant.

Tu dois décider entre laisser son enfant jouer avec le gamin qui a de la morve jusque dans les cheveux ou celui qui a cette irruption cutanée bizarre sous la paupière. Cornélien, comme choix.

Tu essaies de passer le temps en regardant des affiches qui te parlent de la prévention de la mort subite du nourrisson, et tu peux être sûre que tu es partie pour quelques nuits d’insomnie à guetter la moindre absence de bruit suspecte émanant de la chambre de ta progéniture.

Tu regardes les autres Mamans, elles ont l’air aussi crevées et dépassées que toi. Comme le tien, leurs brushings ne ressemblent à rien. Comme toi, elles bidouillent vaguement sur leur portable en espérant tuer le temps (en fait, vous êtes toutes en train de googler « symptômes mort subite du nourrisson », en bonnes mères angoissées que vous êtes).

Soudain, la secrétaire t’appelle enfin. Enfin, elle appelle ton enfant, car chez le pédiatre, tu n’as plus d’identité propre. Tu es « la Maman de Simon ». Elle t’installe dans une salle et te dit de mettre ton petit en body, le docteur va arriver. Un quart d’heure après, tu es toujours là, un bébé en body (et pas méga content de l’être) dans les bras, à attendre le dit-docteur. Qui, une fois arrivé, t’expédie en 5 minutes pour aller s’occuper du gamin à la paupière purulente.

Voilà, tu étais chez le pédiatre. Toujours en mini-kif ?

New place to be n°4 : le café-poussette

café poussette

J’ai pleuré quand l’unique café-poussette de Strasbourg a fermé. Pleuré. Avec de vraies larmes.

Et dire qu’il y a un an, je ne savais même pas que cela existait, les cafés-poussettes. Moi, je connaissais les bars à bière, les bistros à mojitos et les caves à vin, mais le café-poussette était un concept qui m’était totalement étranger. 

Alors que j’étais dans la salle d’attente du kiné pour ma réeducation périnéale (encore elle !), j’ai eu l’oeil attiré par une petite affiche rose et grise, tout mimi, indiquant l’existance à Strasbourg d’un établissement de ce type. Intriguée, j’ai regardé sur Internet, et j’ai découvert un petit coin de paradis cosy, avec nourriture bio, animations pour tous les âges, et, comme son nom l’indique, accessible aux poussettes.

Non, mais parce que sérieux, vous avez déjà essayé d’aller dans un bar avec une poussette ? D’une, peu importe où vous la mettrez, elle sera TOUJOURS dans le passage du serveur. Et de deux, le petit être qu’elle transporte n’a pas forcément envie de rester tranquillement assis à attendre que vous ayez fini de boire votre Chardonnay et use de ses cordes vocales pour vous le faire savoir (ce qui vous vaut des insultes mentales et des regards noirs des tables voisines, en mode « Vous avez vu cette mère indigne qui préfère se pochtronner plutôt que d’apprendre à son gosse à ne pas troubler l’ordre public »). 

Dans mon café-poussette, j’ai pu participer à des cours de baby-gym, de massage pour nouveaux-nés ou encore à un atelier d’éveil musical. Je garderai toujours un souvenir ému de Simon, 6 mois, émerveillé par le son du kazoo (ce qui, je le crains, dénote un grave dysfonctionnement de son oreille musicale).

J’adorais cet endroit, d’où les larmes lorsque la propriétaire a annoncé sa fermeture en janvier dernier. Je sais qu’il en existe un peu partout en France, qui fonctionnent, et je ne comprends pas pourquoi mes compatriotes strasbourgeois n’ont pas réservé un meilleur accueil à ce concept génial qui permettait aux enfants de s’éveiller au monde pendant que Maman sirotait un (virgin) Mojito. A croire que les parents strasbourgeois sont masos et aiment les regards noirs et les insultes mentales.

Cette liste volontairement non-exhaustive est, comme indiqué plus haut, le volume 1 de ma cartographie perso. On va dire que c’est un genre de fil rouge que je lance et qui reviendra régulièrement, si bien sûr, vous avez pris plaisir à lire cet article (ça, ça veut dire like-moi, partage-moi, commente-moi, pitié AIMEEEEEE-moi !)

Ah, et l’occasion de replacer ni vu, ni connu le sujet Disneyland dans la tête de mon mari.

« Notre monde est tout petit… »

Bonne soirée mes lecteurs chéris !

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